Lettres: Comme si ce n'était pas assez

La fédération des établissements d'enseignement privés en remet.

Déjà soutenu à fond par le palmarès des meilleures écoles du Québec publié chaque année dans la revue L'Actualité, déjà le torse gonflé en constatant que tant d'élus du Québec y envoient leur progéniture, voilà que dans les journaux de fin de semaine elle nous glisse à grand coût et à grande tentative de séduction une vision tout sourire de ce qu'apportent aux privilégiés de notre société l'ensemble de leurs collèges et de leurs écoles. Au coeur du silence et du mépris dans lequel le système d'enseignement public s'efforce de maintenir ce qui reste d'espoir et de courage dans l'accomplissement quotidien de l'acte pédagogique proposé souvent, contre vents et marées, aux jeunes de toute condition, notre «beau monde» se permet de gonfler les voiles de son succès très privé. Il est plus que temps de mettre fin à tant d'inégalité des chances pour les enfants de chez nous. De toute urgence, nos élus doivent accélérer le mouvement de réflexion menant à un désengagement de l'appui financier aux parents d'élèves qui ont choisi de tourner le dos à l'école de tous et pour tous.