Lettres: Comme Diana

Monsieur Desaulniers,

C'est un texte très stimulant que vous avez publié dans Le Devoir de ce mercredi. Merci!

Vous mettez le doigt sur quelque chose qu'il répugne à l'esprit politiquement correct d'admettre: l'intelligence et la culture de Mme Jean, bien qu'indéniables, sont une dimension accessoire de sa candidature. En ce monde d'images dans lequel nous vivons, la nouvelle gouverneure générale est d'abord et avant tout une belle personne, candide de surcroît. Le contraste avec les affreux jojos de Gomery est effectivement fort mystifiant.

En cela, Mme Jean participe bien davantage de la princesse Diana que de la reine Élisabeth II. Aux foules en délire, peu importaient l'inculture ou les calculs de la défunte «clothes horse». Elle était jeune, belle et mince; sa coiffure restait impeccable lorsqu'elle serrait un sidéen dans ses bras et son mascara ne coulait jamais dans les torrides champs de mines anti-personnel. Le populo lui attribuait d'emblée toutes les vertus, en regard d'un mari qui ne pouvait être que vilain, pour cause d'oreilles décollées!

Aux dépens d'une personne née au pays du vaudou, on vient d'assister à la vente d'âme au diable la plus médiatisée de l'année...