Lettres: L'art de travailler contre sa propre cause

Le brouillage qu'ont fait certains souverainistes autour de la nomination de Michaëlle Jean est, à mon sens, une bévue lamentable. Elle discrédite notre propre cause. J'entendais quelqu'un dire: «C'est dommage qu'ils n'aient pas nommé à ce poste quelqu'un de déplaisant, que tout le monde déteste. Nous aurions eu une raison de plus pour chialer contre le fédéral.» Mais c'est une mauvaise blague et un mauvais pari. C'est une chose de remettre en question la pertinence du poste de gouverneur général dans notre modèle politique et c'en est une autre de critiquer la personne qu'on y assigne.

Nous avons la chance d'avoir à Ottawa une Québécoise qui connaît et qui aime le Québec. Une personne à la fois belle, brillante et cordiale, pour laquelle une très grande majorité de la population éprouve beaucoup d'admiration et de sympathie.

De plus, elle accède à un poste qui ajoute au prestige qu'elle avait déjà et qu'elle peut employer à aider son pays d'origine. Haïti a grandement besoin d'un miracle et Michaëlle Jean pourrait contribuer à l'accomplir. J'espère que sa première sortie la mènera à Port-au-Prince et qu'elle saura exprimer aux Haïtiens tout l'amour qu'elle éprouve pour eux, et que son discours contribuera à polariser l'attention de la population vers des horizons de paix.

C'est une fête que les Québécois et Québécoises devraient lui faire. Et j'espère que nous la lui ferons. Qui sait si elle ne sera pas la dernière gouverneure générale?