Lettres: Bagarre québécoise

Dans un premier temps, j'avais commencé à écrire qu'à l'avenir, il ne faudrait plus croire tous ceux qui affirment être indifférents à ce qui se passe à Ottawa, dans le reste du Canada ou tout simplement à l'extérieur du Québec.

La réaction des «purs et durs» à la désignation de Michaëlle Jean au poste de gouverneur général nous avait donné l'impression que dans certains milieux pseudo-intellectuels québécois, on s'intéressait à ce qui se passe au Canada. Enfin, une nomination à Ottawa, non seulement faisait les manchettes, mais suscitait de nombreuses réactions au Québec et dans les milieux politisés. Bravo... Il y a de nombreux Québécois qui s'intéressent à ce qui se passe ailleurs, me disais-je.

À la réflexion, je me trompais. Il s'agit plutôt d'une bagarre québéco-québécoise. La question étant: est-ce que des Québécois ont le droit d'abandonner d'autres Québécois qui les croyaient soudés à leur projet d'indépendance, pour aller travailler pour «l'ennemi». Pour ces souverainistes, il ne s'agit plus d'ériger un mur autour du Québec comme certains le craignaient autrefois. Il faut plutôt parler d'une opération «conscription». S'assurer que tous les Québecois «utiles» s'enrôlent totalement dans la mouvance, et surtout qu'ils n'aillent pas voir les terres lointaines au delà de l'Outaouais. Pour les «généraux» et les «colonels» du «grand rêve», il n'est pas nécessaire, et il est même nuisible que les «fidèles» sachent ce qui se passe chez «l'ennemi». Ils pourraient être tentés d'y aller, et d'y rester.

Tous les souverainistes ne sont pas de cet acabit. Peut-être. Mais si les aspirants à la direction du PQ pensent que certains de leurs membres sont allés un peu loin, il faudrait qu'ils le disent sans tarder.