Lettres: Y a-t-il un problème dans l'éducation au Québec?

La Révolution tranquille a amené parmi ses fruits une floraison de l'éducation au Québec, particulièrement dans les sciences humaines. Pour les motifs que je vais exposer, cette priorité devrait peut-être être revue.

On forme de plus en plus d'avocats. Actuellement, il y en a à peu près un pour 450 personnes au Québec; c'est plus que deux fois trop. En effet, compte tenu du système de jurisprudence, la défense des droits ne se multiplie pas indéfiniment. Ceci fait que les nouvelles situations où les droits doivent être défendus doivent être multipliées pour entretenir le parc de juristes, amenant une désintégration sociale de plus en plus grande. Ceci sans compter tous les emplois parajuridiques, que ce soit dans le monde syndical ou dans celui de la fonction publique, on arrive à plus de 1 % de la population active qui vit de la défense des droits. On voit donc à quel point ceux-ci doivent être constamment menacés pour justifier une telle dépense sociale.

Par contre, le taux de chômage au Québec est toujours un des plus hauts au Canada. Symptôme flagrant d'un manque d'ingénieurs et de scientifiques appliqués à la recherche opérationnelle. En effet, seules les sciences appliquées ont un effet d'entraînement sur l'emploi. Les sciences humaines sont strictement pertinentes à la confection de bilans sociaux et ne devraient pas être le but en soi du développement culturel, qui devrait plutôt être orienté vers la création d'emplois utiles, que ce soit dans les domaines agricole, forestier, minier ou industriel, de façon à améliorer le bien-être de la population en augmentant la richesse collective.

Il faut donc profiter du débat qui se profile à l'horizon sur le financement de l'éducation pour revoir les priorités en cette matière de façon à orienter correctement les dépenses publiques.