Lettres: Un Devoir qui fait le plus grand bien

Ça va mal dans le monde, mais «mon» Devoir me redonne espoir. Rendue maussade par un mélange aussi commun qu'indigeste de petites frustrations personnelles et de grands drames planétaires, comme beaucoup de gens, à mon grand dam consciente et impuissante, je me suis rendu compte que la lecture de «mon» Devoir des derniers jours m'avait fait le plus grand bien.

Ç'a commencé par l'hommage au regretté Raymond Klibansky (Le Devoir du 9 août). Avant de lire la citation de la fin, je me trouvais vraiment ridicule d'aller faire mes courses à pied, mon cabas sous le bras, saluant au passage mon voisin d'en face qui a fait abattre un érable cinquantenaire en pleine santé pour faire de la place à son VUS. Cette citation — «Ce n'est pas parce que, souvent, le résultat des efforts est minime, ou même non existant, qu'il ne faut pas les faire» — m'a redonné courage.

Ç'a continué avec le compte rendu d'André Lavoie (Le Devoir du 10 août) sur la démarche de Bernard Émond qui présente son film La Neuvaine au festival de Locarno. Votre chroniqueur parle de ce désir (...) de parler de ce qui donne à la vie un sens, bien au-delà des refuges confortables du matérialisme. J'y ai moi-même retrouvé un moment de sens et le goût de chercher et savourer en quelque sorte plus activement l'immanence, l'intemporel et la lenteur.

Et la boucle s'est bouclée avec les articles de Monique Durand (Le Devoir des 9, 10, 11 août) sur l'engagement des femmes africaines, qui, en dépit de leur absolu dénuement, se battent pour une vie meilleure pour elles et leur communauté. Si elles en sont capables, pourquoi pas moi, à ma mesure?