Lettres: La primauté du bien-être commun

Monsieur Landry,

Quel geste noble! Quelle lucidité! Votre démission-surprise, qui a pris d'assaut les médias, contraste avec l'actualité ambiante comme un phare en pleine nuit. Exit les dédales presque mafieux de l'argent des commandites, exit les sombres machinations du gouvernement canadien pour «convertir» des députés par des moyens louches, histoire de rester au pouvoir le plus longtemps possible.

Grâce à vous, nous avons enfin eu droit à la démonstration par l'exemple du principe de la primauté du bien-être commun sur le bien-être personnel des élus. Qui plus est, votre discours de démission avait ceci de remarquable que les seuls passages où votre voix n'était pas étranglée par l'émotion du moment étaient ceux dans lesquels vous vous êtes défini comme étant un démocrate, un homme de cause et de société; dans le contexte, votre voix assurée s'ajoutait au sens de vos paroles, et nous n'avions d'autre choix que de vous croire.

Monsieur Landry, par votre départ, vous vous êtes élevé bien au-dessus de la masse des trop nombreux politicailleurs qui grouillent autour du pouvoir dans l'espoir d'en obtenir plus. Mais surtout, grâce à vous, plusieurs doivent comprendre aujourd'hui mieux qu'hier que l'accession du Québec à la souveraineté doit se faire de manière droite, irréprochable et fière, sans basses manoeuvres ni magouilles, sans quoi les fondements même du nouveau pays seront érodés avant même que ne débute sa construction. J'espère que votre successeur, quel qu'il soit, partagera votre sens du devoir, du dévouement et de la démocratie. Car la souveraineté du Québec n'est pas un objectif comme les autres: il perdra son sens s'il n'est pas atteint par le droit chemin.

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