Lettres: Ce débat surréaliste doit cesser

Au cours des prochains jours, nous assisterons tristement à un débat surréaliste au congrès national du Parti québécois, un débat susceptible de relancer encore une fois les mêmes vieilles chicanes constitutionnelles.

On est loin des priorités mises en avant par une vaste majorité de Québécois et souvent partagées par plusieurs Canadiens des autres provinces. Plutôt que de parler de sécession, les Québécois attendent de leurs leaders politiques qu'ils se consacrent entièrement à la justice sociale et au développement durable, entre autres choses.

Plutôt que de préparer l'avenir, le Parti québécois est toujours enclin à nous replonger dans son obsession indépendantiste et dans ses vieux réflexes identitaires, un débat qui perdure avec les mêmes acteurs et les mêmes arguments depuis trente ans. On a souvent l'impression d'écouter le même bulletin d'informations en boucle. Et cela nous mène où? Cela nous fait reculer, alors que l'on doit avancer. Cette surenchère de radicaux nous empêche de faire des débats encore plus importants pour l'avenir.

Le Québec est une nation avec son histoire, qui précède la présence anglaise, une langue, une riche culture et un amour de ce territoire et de ses habitants. Le foyer national des Québécois existe. L'État du Québec existe. Alors pourquoi se séparer du reste du Canada?

Depuis le coup de force constitutionnel de 1982, et depuis les échecs de Meech et de Charlottetown, beaucoup de fédéralistes québécois ont perdu tout espoir de voir naître une réforme constitutionnelle pouvant accommoder le Québec. Les Québécois ayant rejeté par ailleurs la sécession pour une deuxième fois, beaucoup d'autonomistes — dont je suis — souhaitent trouver une voie plus rassembleuse. Le temps est venu de leur offrir une nouvelle alternative, une nouvelle voie pour un progrès tangible.

Le débat surréaliste actuel dure depuis trente ans et doit cesser!

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