Lettres: Concitoyen, je vous regrette déjà...

«Le fondement de l'État est la force de la raison qui devient effective en tant que volonté.» — GWF Hegel, Principes de la philosophie du droit

Je ne composais pas toujours aisément avec la «velléité» que je percevais chez vous, depuis quelques années, au regard du projet d'indépendance du Québec. À telle enseigne qu'il me venait à l'esprit, à l'occasion, à titre d'«explication», que vous aviez peut-être en main des informations — «bridantes» — non connues du plus grand nombre...

Car enfin, comme tout un chacun, je connais bien vos convictions: profondes, sincères, inspirées, étayées, intègres, volontaires et «libérantes».

Ce qui me désole par-dessus tout cependant aujourd'hui, M. Landry, et cela dit sans intention de condescendance à l'endroit de quiconque, c'est que je ne vois nul citoyen actuellement, dans la Matrie québécoise, capable de reprendre les rênes de l'État instruit de ce dosage tout en équilibre qui vous définissait — lequel se voyait en votre personne incarné dans l'imbrication harmonieuse et vivifiante d'un authentique sens de l'État, d'un amour indéfectible du Québec, de solides convictions intimes, d'une puissante énergie et, finalement, d'une haute compétence proprement politique.

Aussi, monsieur, un fils de la terre des Gaston Miron, des Félix Leclerc et des Jacques Ferron vous exhorte humblement, candidement même, à vous tenir en quelque sorte «en réserve de la République». De manière, celle qu'il vous agréera, à ce que le Québec tout entier puisse être autorisé à continuer à se ravitailler à vos lumières.

M. Landry, la nation québécoise n'a pas les moyens de se priver de citoyens de votre qualité. Reconnaissance à vous, monsieur! Reconnaissance à votre labeur investi sans relâche depuis plus de trente-cinq ans dans le progrès et la libération du peuple auquel j'appartiens.

Mes hommages à votre charmante compagne s'entrelacent aux salutations respectueuses que je vous transmets dans un esprit de fière et cordiale fraternité.

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