Lettres: Réponse à Pierre Graveline

En méprisant l'existence et l'apport à notre vie culturelle et économique des minorités anglophones (de plus en plus bilingues, soit dit en passant) québécoises, en ignorant le ridicule et le racisme profond inhérent à l'idée d'avoir à montrer un passeport chaque fois qu'on fait l'aller-retour à Toronto (où bien des Québécois y ont famille, amis ou travail), le discours des indépendantistes fait plus que m'inquiéter; il me fait carrément peur.

Le Canada est un des rares exemples de coopération interculturelle et bilingue sur la scène mondiale. Il est une des rares lueurs d'espoir que l'expérience humaine en société peut être autre que limitée par des visées d'hégémonie linguistique ou ethnique. Que de supposés intellectuels pensent pouvoir se donner le droit de le briser advenant un OUI à 50,1 %, au mépris du reste de la population québécoise et de 100 % de la population des autres provinces canadiennes, me dépasse complètement.

D'ailleurs, procédant de la logique séparatiste, les Montréalais ne devraient-ils pas, dans un tel cas, faire leur propre référendum sur cette question? Advenant un NON, Montréal ne devrait-il pas avoir droit à un statut particulier, tel Berlin par exemple? Qui dit que les Montréalais, représentant la moitié de la population québécoise et sa partie la plus bilingue et la plus multiculturelle, ont envie de se faire imposer leur avenir national par les gens du reste du Québec?

Si on se met sérieusement à parler de nouveau de la séparation du Québec, M. Graveline, voilà de quoi les gens sérieux devraient sérieusement discuter plutôt que de la recherche d'une nouvelle mélodie comme hymne national.

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