Lettres: La délinquance sur les routes

Quinze morts sur les routes la fin de semaine dernière. Ce n'est pas étonnant quand on se rend compte à quel point la conduite automobile s'est dégradée ces dernières années au Québec. Les gens n'arrêtent plus aux feux rouges, doublent à droite, zigzaguent, collent aux pare-chocs. Il est grand temps qu'il y ait une intervention vigoureuse des pouvoirs publics, mais sous quelle forme?

La limitation de la vitesse et la répression policière ne sont plus suffisantes car, aussitôt que la police n'est plus en vue, les comportements délinquants reprennent. Le mal est plus profond et, à mon sens, on ne peut l'attaquer que là où ça porte le plus: l'argent et l'image de soi.

Ainsi, en utilisant la fiscalité pour imposer lourdement les voitures sport, les «inutilitaires», les motos de haute cylindrée, en général tout ce qui est trop gros, trop puissant, trop performant et trop rapide, on ferait d'une pierre deux coups car on réduirait aussi la pollution.

Par ailleurs, on ne peut empêcher les constructeurs de produire tel type de véhicule, mais on peut contrer les campagnes de publicité qui flattent le goût de la puissance et de la vitesse, voire de l'agressivité, chez les plus vulnérables, les jeunes en particulier. On a déjà interdit une campagne qui conseillait de «tasser son oncle» sur la route. On pourrait appliquer ce genre d'interdiction de façon plus systématique [...] mais surtout lancer une contre-offensive publicitaire de qualité [...], qui proposerait une façon plus intelligente d'être cool et mettrait en avant des valeurs plus zen.

Avec ces deux mesures, le gouvernement et, par voie de conséquence, la société y trouveraient largement leur compte avec des économies incalculables dans les secteurs de l'environnement et de la santé.