Lettres: À trop crier au loup...

Il n'y a pas à dire, les libéraux fédéraux sentent que la soupe est chaude, et avec raison. Les allégations de la commission Gomery vont probablement mettre fin à un règne de 12 ans marqué par le vol du référendum de 1995 et par la négation de l'existence de la nation québécoise. Cependant, bien décidés à ne pas être relégués sur les banquettes de l'opposition, voilà que les libéraux s'en remettent à des menaces d'un ridicule incommensurable. La dernière en date provient de Jean Lapierre, qui estime que la commission Gomery pourrait être suspendue si des élections anticipées devaient avoir lieu. Si le député d'Outremont (du moins jusqu'aux prochaines élections) désire être pris au sérieux, il devrait mesurer ses propos s'il entend demeurer crédible.

Dois-je lui souligner que la commission Krever avait été mise en place le 4 octobre 1993, soit sous le règne conservateur, et que son rapport final avait été déposé en novembre 1997, soit sous le règne libéral? Pourtant, malgré le changement de régime, ladite commission avait pu continuer normalement son travail. Il en fut de même pour la commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-68), qui demeura en place malgré la tenue d'élections en 1965.

La menace de Jean Lapierre selon laquelle la commission Gomery serait abrogée avec la tenue d'élections générales ne tient vraiment pas la route. Comme le dit le dicton, à force de crier au loup, M. Lapierre, on finit par ne plus vous prendre au sérieux!