Lettres: Conditions gagnantes

Le Québec est à deux ans d'un tournant décisif. Les libéraux fédéraux et provinciaux sont en train d'ouvrir le chemin à la souveraineté du Québec.

Ils font l'ultime démonstration que ce système ne fonctionne pas pour les Québécois, qu'il est un anachronisme qui a fait son temps. Jean Charest a réussi là où le Parti québécois échouait: il est parvenu par ses politiques à mobiliser et à politiser une bonne partie de la jeunesse. L'arrivée d'un premier ministre fédéraliste à Québec n'a pas permis de faire disparaître le déséquilibre fiscal, au contraire, le gouvernement fédéral en nie même l'existence. Le terrain est plus propice que jamais.

Mais cette fois-ci, le Parti québécois ne doit pas tomber dans la trappe que représente la gestion quotidienne d'une province étouffée par le déséquilibre fiscal. On a vu que même un homme politique charismatique comme Lucien Bouchard a perdu rapidement de la popularité à ce jeu où l'on ne peut que perdre.

Il faut donc tenir un référendum rapidement, dès les premières semaines qui suivront la prise du pouvoir. Il faut confronter les québécois à la réalité: s'ils veulent être conséquents dans leur mécontentement, ils doivent donner les pleins pouvoirs d'agir au gouvernement québécois, le seul qu'ils contrôlent vraiment. Sinon, le Parti québécois devrait refuser de gouverner cet État impuissant et retourner dans l'opposition tant que la population ne lui confiera pas ces pleins pouvoirs. On ne peut dénoncer un système politique stérile et réducteur et s'épuiser à essayer de le faire fonctionner.