Lettres: Il faudra reconnaître que Jean-Paul II a eu raison

Depuis la mort de Jean-Paul II, bon nombre s'insurgent contre sa position et celle de l'Église en matière de morale sexuelle. Michel Gaudette, dans son article paru le 11 avril dans Le Devoir, va même jusqu'à dire que l'Église catholique «a maintenu des peuples entiers dans la pauvreté», notamment «le Québec pratiquant d'avant les années 1960».

Je m'inscris en faux contre de telles accusations. Si nous avons l'impression que le pape était insensible au sort des personnes qui, dans les pays en développement comme dans notre entourage, sont aux prises avec une forme quelconque de pauvreté, c'est parce que nous avons choisi de ne pas écouter son message dans toute son intégrité: le respect de la vie doit aller de pair avec la justice sociale.

Pour nous, citoyens des pays nantis, ce message dérange. Le reproche inéluctable qui s'en dégage, c'est que nous refusons toujours d'assumer nos responsabilités en ce qui touche la répartition de la richesse et le partage des ressources. La tâche est colossale, je l'admets, et nous sommes tous tentés, un jour ou l'autre, de baisser les bras et de nous dire, assis confortablement dans nos fauteuils de cuir en sirotant notre vin, que, décidément, il vaut mieux ne pas exister que de vivre dans la pauvreté ou avec la maladie.

Lorsqu'un problème humain nous semble trop compliqué à résoudre, on se trouve tôt ou tard face à la tentation de le faire disparaître en supprimant le pan de l'humanité qui en est tributaire. Après tout, c'est une solution simple, efficace, propre, et surtout, facile.

Jean-Paul II a inlassablement dénoncé la lâcheté qui se cache derrière cette façon d'envisager les problèmes de l'humanité. Nous pouvons le ridiculiser tant que nous le voulons, le targuer de rétrograde et de tout ce que nous inspirera notre indignation, mais en notre âme et conscience, nous serons obligés, un jour ou l'autre, de reconnaître qu'il avait raison.

Si nous avons manqué de courage pour répondre à son appel jusqu'à maintenant, rappelons-nous qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire.