Lettres: Boulevard Notre-Dame-des-Airs

Quand les voisins font du tapage après 22h, on a légitimement le droit d'appeler la police, mais qu'est-ce qu'on peut faire avec les avions?

Il fut un temps où, après 23h, c'était le couvre-feu: on n'atterrissait plus à Dorval. Il fut un temps où les couloirs aériens détournaient les avions du centre-ville. Mais il semblerait bien que depuis que l'aéroport de Dorval a été rebaptisé Pierre-Elliott-Trudeau, toutes ces traditions vieillottes et bien trop respectueuses de la population n'ont plus cours. Désormais, à 1h le matin et toutes les dix minutes, la fête continue: ça vole bas au-dessus de la métropole. Et à toute heure du jour ou de la nuit, on tourne les coins ronds au-dessus du Stade olympique, voire du pont Jacques-Cartier. Le kérosène, ça coûte plus cher que les somnifères, alors nous, on coupe; vous, en dessous, faites ce que vous pouvez. Non seulement les effets de la gabegie qui a présidé au choix de Dorval comme unique aéroport de passagers pour Montréal perdurent, ils s'aggravent de jour en jour, dégradant d'autant la qualité de vie des Montréalais. Réponse des politiciens: c'est bon pour le commerce, et puisque c'est bon pour le commerce, c'est forcément bon pour l'être humain. Et puis dormir, c'est improductif, c'est bien connu. À quand le recours collectif?