Lettres: Aria public-privé

Le scandale des commandites ne doit pas occulter cet autre scandale, plus diffus mais combien plus dévastateur et que résumait si bien Michel Venne dans votre édition du 11 avril: la confusion des genres entre l'État et l'entreprise privée. Autrement dit, nous sommes confrontés partout en Occident à la marchandisation de la vie. Tout doit être jaugé à l'aulne d'une rentabilité monnayable, chiffrable.

Je ne suis pas convaincu, comme semble l'être M. Venne, que les partis des Trudeau, Marchand, Lévesque, Bourassa et compagnie ont moins magouillé que l'actuel PLC. Mais ces hommes politiques évoluaient au sein d'une pensée politique où l'économie était au service de la chose publique et non l'inverse.

Je peux vivre avec du favoritisme et une certaine dose de corruption (si elle est raisonnablement bridée). L'humain étant ce qu'il est, une vigilance sans complaisance mais également sans hystérie s'impose. Cependant, le véritable danger apparaît lorsque l'État se met aveuglément et insidieusement au service du dogme de la rentabilité et de la marchandisation de la vie au mépris de la pauvreté, de l'écologie, de la santé, et, évidemment, puisque c'est la condition essentielle à la pérennité du dogme, au mépris de l'éducation et de la culture.