Faire le choix des transports collectifs

Dans la foulée de la mise en oeuvre du protocole de Kyoto et de la consultation du gouvernement du Québec sur le développement durable, faire le choix des transports collectifs devient une décision incontournable. Les avantages de l'optimisation du développement des transports collectifs sont en effet indéniables, à la fois pour la Communauté métropolitaine de Montréal et pour l'ensemble du Québec. Les transports collectifs, par leurs nombreux bienfaits, contribuent d'une manière unique au dynamisme et au développement économique, social et environnemental de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Affirmant l'importance d'un financement stable, permanent et prévisible pour les dépenses d'exploitation et d'immobilisations des transports collectifs, soulignant également la responsabilité gouvernementale en matière de transports collectifs au même titre que celle qu'il exerce en matière de transport routier, nous faisons donc le choix des transports collectifs et appelons à un financement à la mesure de ce choix.

Partager une vision commune

Les transports collectifs représentent un service public essentiel pour la population et doivent être considérés comme un investissement pour l'attractivité de l'agglomération.

Les transports collectifs demeurent un moyen à privilégier pour contrer la congestion routière, un autobus transportant en moyenne 50 fois plus de personnes qu'une automobile et occupant, de ce fait, vingt fois moins d'espace sur le réseau routier. Les transports collectifs profitent donc à tous les citoyens, même à ceux qui n'utilisent jamais ces services, limitant l'achalandage sur les routes et facilitant la fluidité des déplacements.

Les transports collectifs constituent également un élément déterminant pour la santé, contribuant notamment à diminuer les maladies cardiorespiratoires associées à la dégradation de la qualité de l'air (smog), à réduire les traumatismes causés par la circulation automobile ainsi qu'à rendre la population plus active.

Les transports collectifs permettent de contrer la production de gaz à effet de serre, une plus grande fluidité de circulation étant, en soi, une source supplémentaire de réduction des émissions polluantes. Ils permettent aussi d'améliorer la qualité de l'environnement et de préserver les ressources énergétiques. Le métro, par exemple, ne génère aucune pollution atmosphérique alors qu'un autobus circulant partout sur le territoire métropolitain est, par personne déplacée, de six à dix-huit fois moins polluant que l'automobile.

Les transports collectifs sont nécessaires au bon fonctionnement de la Communauté métropolitaine de Montréal, réduisant les coûts de transport, facilitant les déplacements et réduisant la congestion routière, sachant notamment que, pour la Communauté métropolitaine de Montréal, le coût socioéconomique annuel de la congestion se chiffre à près de 800 millions de dollars. Il joue en cela un rôle prépondérant dans le développement économique et la compétitivité de la Communauté métropolitaine tout en favorisant l'attraction de nouveaux investissements étrangers.

Les transports collectifs ont aussi une fonction sociale importante. Ils permettent de réduire les dépenses des ménages en transports et représentent, pour bien des gens, le seul moyen de transport.

Les transports collectifs, enfin, distinguent la région métropolitaine, Montréal étant l'endroit en Amérique du Nord où on les utilise le plus, avec une moyenne par habitant de 222 déplacements annuels en transports collectifs.

Faire le choix des transports collectifs, c'est donc prendre l'engagement de mettre tous les moyens en oeuvre pour que notre population ait un service attrayant, flexible et de qualité sur l'ensemble du territoire de la Communauté métropolitaine. C'est aussi viser à accroître leur utilisation et à attirer de nouveaux usagers en leur fournissant une solution de rechange plus fiable et plus pratique que l'automobile. [...]

Des solutions au problème du financement

Ce choix des transports collectifs pour la Communauté métropolitaine de Montréal se pose dans le cadre des négociations sur le pacte fiscal, des consultations sur le financement des transports en commun et en référence à la volonté gouvernementale de décentraliser des responsabilités, du gouvernement vers les régions. Il se formule aussi dans le contexte du transfert au gouvernement du Québec d'une partie de la taxe d'accise fédérale sur l'essence et de la perspective qu'une portion des revenus découlant de cette taxe soit affectée au financement des dépenses d'immobilisations des transports collectifs.

Alors que la formule de répartition intraprovinciale des revenus découlant de la taxe d'accise fédérale sur l'essence n'est pas encore arrêtée et que le gouvernement du Québec jongle avec différentes hypothèses en matière de financement des transports collectifs, nous demandons au gouvernement:

- de maintenir son programme d'aide aux infrastructures, confirmant ainsi son soutien au maintien du patrimoine et au développement des transports collectifs dans la Communauté métropolitaine de Montréal;

- d'actualiser sa contribution au programme d'aide à l'exploitation;

- d'affecter une portion de 25 % des revenus découlant de la taxe d'accise fédérale sur l'essence au financement des dépenses d'immobilisations des transports collectifs et de répartir cette portion sur la base de l'achalandage;

- d'accorder à la Communauté métropolitaine de Montréal un nouvel espace fiscal diversifié provenant de nouvelles sources de revenus dédiées.

Les signataires de la présente déclaration conviennent de poursuivre les discussions au sein d'un comité de suivi. Les travaux de ce comité auront comme base de discussion le projet de décentralisation institutionnelle et financière des transports en commun de la Communauté métropolitaine de Montréal et traiteront aussi des enjeux et des mesures à mettre en avant dans une perspective d'augmentation de la part modale des transports collectifs publics dans la région métropolitaine de Montréal.

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*Jean-Jacques Beldié, président de la STL; Réjean Boyer, maire de Vaudreuil-Dorion; Claude Dauphin, président de la STM; Pierre Dupuis, SCFP-FTQ; Élie Fallu, Association des conseils intermunicipaux de transport; Marc G. Fortier, Montréal International; Claude Gladu, Réseau de transport de Longueuil; Isabelle Hudon, Chambre de commerce du Montréal métropolitain; Gérald Tremblay, maire de Montréal, et autres.