Lettres: La boîte de Pandore

Quand le premier ministre Paul Martin a créé la commission d'enquête Gomery, beaucoup ont cru qu'il s'agissait d'un règlement de comptes entre des frères ennemis du Parti libéral du Canada et que le fait de dépenser 60 millions de dollars pour évaluer la gestion du programme de commandites était une pure perte d'argent.

Mais voilà qu'au delà de la première révélation du gaspillage de fonds publics, on a pris connaissance de la gourmandise d'entreprises de communication, sans compter les allégations de fraudes, les histoires de cadeaux aux petits amis du régime ou l'attribution de contrats liés à des contributions politiques, et on a évoqué des opérations suspectes de blanchiment d'argent.

Encore plus honteux, ce programme avait été instauré en secret et dans le but d'influencer les pauvres Québécois qui auraient eu de la difficulté à comprendre la question référendaire de 1995.

Ce fut ensuite la révélation du financement occulte du Parti libéral du Canada à même l'argent des contribuables, un premier exemple de détournement du processus électoral.

Et voilà que s'amène le spectre d'une intervention illégale massive du gouvernement fédéral en faveur du camp du NON au cours du référendum de 1995.

Warren Kinsella, un militant libéral proche de Jean Chrétien, aurait écrit sur son site Internet: «À part le fait que c'est beaucoup, beaucoup plus grave que je ne pensais — et à part le fait qu'un référendum remporté par le camp du OUI est de plus en plus probable —, je ne sais pas quoi dire.»

Le gouvernement fédéral aurait donc transgressé en toute connaissance de cause la Loi sur les consultations populaires, pourtant sanctionnée par le gouvernement démocratiquement élu du Québec. Les gens ont maintenant besoin de connaître tous les détails de cette honteuse saga. Au moins pourront-ils porter un jugement éclairé et cela enlèvera-t-il le goût à d'autres élus de s'en inspirer.

Alors, comme dans le récit de la boîte de Pandore, sortira peut-être l'espérance et la population gardera l'espoir que la confiance en ses représentants ne sera plus trahie.

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