Lettres: Les mots qui heurtent

J'ai lu avec grand intérêt la chronique de Mme Denise Bombardier intitulée «Calamiteux» dans Le Devoir de samedi 2 avril dernier.

Mille fois bravo et félicitations pour votre courage, car vous maintenez le cap, malgré les attaques répétées dont vous êtes l'objet. Je crois personnellement que votre réflexion (votre combat?) va beaucoup plus loin que celui de la langue française, car vous rappelez des valeurs qui sont absolument nécessaires au maintien de notre humanité. Vous rappelez que ces valeurs passent aussi par le langage, par les mots de tous les jours. Aussi, je pense que ceux qui vous attaquent ou tentent de vous discréditer, court-circuitent la réflexion que vous proposez, en plus de faire preuve d'une certaine violence, sournoise et insidieuse, que je retrouve personnellement dans le métro, l'autobus ou même sur le trottoir. Être respectueux, courtois, polis ou reconnaissants, à quoi cela peut-il bien servir aujourd'hui?, semblent se dire ceux et celles qui regardent les personnes âgées s'agripper aux poteaux d'autobus ou de métro pour ne pas tomber, parce que personne (ou presque) n'a eu la décence de leur céder son siège.

Non, il n'est pas rassurant de vieillir. Que voulait me dire au juste ce jeune homme, parfumé, très bien habillé et costaud, occupé à lire 24 heures et qui m'a traitée (malgré mes cheveux gris!) de « connasse » pour finir par m'envoyer me faire « voir chez les Grecs » (ce sont ses mots) parce que je lui demandais de me faire un peu de place dans le métro bondé, un matin. Et que me voulait cet autre, homme apparemment tranquille et avancé en âge qui m'a traitée de « bloody idiot » et « bloody french canadian » parce que mon sac à main avait frôlé son bras alors qu'il était bien assis dans le métro. Il y a les mots que l'on parle et qui servent à discuter, à communiquer du savoir, de la tendresse ou du respect et il y a la langue et les mots que l'on jette, crache, piétine ou garoche et qui servent à écarter, bousculer, attaquer, heurter, banaliser, ironiser. Quand ce n'est pas le silence de l'indifférence ou de la passivité... Au-delà des mots, semblez-vous dire, quelles sont vos valeurs? Au-delà des sarcasmes, où est votre courage?

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.