Scandale des commandites - Le NPD manque le bateau

Au Québec, les récentes révélations sur le scandale des commandites risquent de faire un tort considérable au Parti libéral du Canada lors des prochaines élections fédérales. Un nombre accru d'électeurs fédéralistes votera sans doute pour le Parti conservateur. D'autres, rebutés par le côté réactionnaire du PCC, voteront encore, quoiqu'à contrecoeur, pour le Parti libéral. D'autres encore tourneront le dos au fédéralisme et appuieront le Bloc québécois. Et si le passé est garant de l'avenir, le Nouveau Parti démocratique de Jack Layton ne récoltera que des miettes.

Comment expliquer que le NPD n'apparaisse jamais comme une solution valable pour les libéraux fédéraux déçus des magouilles de l'ancien premier ministre Jean Chrétien ou du virage à droite commencé sous M. Chrétien et poursuivi par son successeur Paul Martin?

Une raison fondamentale de la réticence des fédéralistes québécois envers le NPD est le flou entourant l'option constitutionnelle de l'aile québécoise de ce parti. Tout en se situant aux antipodes de l'Action démocratique du Québec en matière de politiques économiques et sociales, la plupart des candidats néo-démocrates québécois aux dernières élections fédérales (2004) semblaient être allés à l'école de Mario Dumont sur la question nationale. Et les rares candidats à afficher clairement leur opinion sur l'avenir du Québec étaient des souverainistes déclarés (comme Pierre Ducasse sur la Côte-Nord et André Frappier dans Papineau).

Jusqu'à présent, cette façon de jouer sur les deux tableaux n'a guère profité au NPD qui n'a fait élire aucun candidat au Québec. Les grandes centrales syndicales ont appuyé le Bloc québécois, imitées par la vaste majorité des souverainistes (y compris les plus à gauche d'entre eux). Et bien entendu, les fédéralistes ont appuyé majoritairement les libéraux.

Recruter à la gauche des libéraux

Ce scénario risque d'ailleurs de se répéter dans quelques semaines ou quelques mois, et c'est sans doute mieux ainsi pour le parti de M. Layton. Car si d'aventure le NPD faisait élire des députés souverainistes au Québec, et que (suite à une victoire prévisible du Parti québécois aux prochaines élections provinciales) notre province se trouvait confrontée à un nouveau référendum sur la souveraineté, on peut aisément imaginer de quel côté se retrouveraient les élus néo-démocrates. Ce qui ferait assurément un tort énorme au NPD dans le reste du pays.

Que devrait faire le NPD, alors? Peut-être devrait-il songer à recruter des candidats parmi les fédéralistes québécois se situant à la gauche du PLC et du PLQ. Il n'en manque pas: songeons par exemple à l'ancien député libéral de Laurier-Dorion à l'Assemblée nationale du Québec, Christos Sirros.

Nul ne peut prédire si une telle initiative de la part du parti de M. Layton serait couronnée de succès. Toutefois, après avoir courtisé en vain l'électorat du PQ pendant 20 ans, le NPD n'a pas grand-chose à perdre.

Jack Layton osera-t-il faire ce pas? Rien n'est moins sûr. Mais on peut toujours rêver...

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