Lettres: Les corneilles à Martin ou les vautours...

En 2002, les vautours l'ont emporté en essayant d'étouffer ou de détourner l'attention pancanadienne nationaleuse du scandale des commandites. Aujourd'hui, même scénario. Le Parti québécois est visé par la bande pour camoufler les chicanes internes du PLC et éviter la prison aux vrais responsables, soit tous les ministres fédéraux liés à ce programme.

En politique démocratique, ce n'est pas la fin qui justifie les moyens, c'est plutôt l'inverse qui peut établir un bien commun ou une fin commune. Le financement des partis politiques, dont René Lévesque a été le précurseur, en représente les moyens adéquats. Si, au Parti québécois, on n'a pas de respect pour l'héritage de son fondateur, le président d'élections doit intervenir. Voilà pour le camouflage.

Retournons à 2002 où, pour la première fois, le scandale s'annonçait. Le témoignage de Jean Brault éclaire maintenant les vrais enjeux et le timing politique. Les menaces mafieuses nous font comprendre comment certains individus ou lieutenants du Parti libéral fédéral ont vendu la mèche auprès du Bloc tout en visant le PQ (affaire Bérard et son Oxygène) et ainsi ébranlé le résultat des élections de 2003 au Québec.

Au fédéral, Paul Martin s'est retiré du cabinet à ce moment, soit à cause du genre de menace du groupe Chrétien, soit, surtout, pour préparer un retour vierge (comme dans «vierge offensée») à la direction du Parti libéral fédéral. Le timing est là pour expliquer toutes ces stratégies et les tractations sous-jacentes.

Jacques Parizeau avait raison: l'argent (sale) et la coercition ont dérobé le Québec des résultats prévisibles du référendum de 1995. Malgré les écrans de fumée en cours, jamais le Québec (et non pas le PQ) ne pourra pardonner aux fédéraux ce vol historique.

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