Lettres: Fonctionnaires ou commis?

J'ai connu une fonction publique instruite, formée, courageuse, désintéressée. Elle était chapeautée politiquement par un gouvernement voué dans son ensemble aux mêmes objectifs: l'amélioration du sort de sa population. Ce gouvernement avait avant tout une vision, il savait écouter les conseils et recommandations de ses hauts fonctionnaires. Les bonnes actions ont une durée de vie très courte, à peine une décennie dans ce cas-ci. Parfois, avec de bonnes intentions, le pouvoir politique, ennuyé de devoir changer ses intentions, sans trop s'en rendre compte, se mit à faire des nominations de sous-ministres et de directeurs généraux dont les objectifs pouvaient être appuyés d'une petite pointe intéressée.

Rapidement, on s'est aperçu de deux choses: si on était docile face au pouvoir politique, on était sujet à promotion et, au contraire, si on dérangeait le pouvoir politique, on se faisait couper le cou. Un cancer se répandit rapidement; bientôt, l'ensemble de la fonction publique en fut atteint. Mais quand l'ENAP enseigne aux fonctionnaires de veiller d'abord à leur intérêt personnel, c'est le bout du bout! Ce n'est pas fini, on retrouve aujourd'hui de ces hauts fonctionnaires dont le poste est dû à cette astuce dans un conseil de ministres. Quand donc une génération, après la perte de la foi, dans tous les sens du terme, saura-t-elle se lever après un écoeurement collectif? Il est plus que temps.

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