Les quotas, symptôme de l’hypocrisie éhontée d’Ottawa

« Il est clair ici que, ce qui compte désormais à Ottawa, c’est d’avoir des chercheurs et des scientifiques issus de certains groupes », rapporte l’auteur.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne « Il est clair ici que, ce qui compte désormais à Ottawa, c’est d’avoir des chercheurs et des scientifiques issus de certains groupes », rapporte l’auteur.

Le 16 janvier dernier, Le Devoir a publié une lettre que la ministre de l’Éducation supérieure du Québec, Pascale Déry, a écrite aux dirigeants de nos universités pour leur rappeler leurs devoirs à l’égard de la liberté universitaire. Entre autres, la ministre y condamne « les exigences Équité, Diversité et Inclusion (EDI) des programmes de Chaires de recherche du Canada pour l’embauche de professeurs ». En décembre, cette dernière avait présenté une motion en Chambre allant dans le même sens et qui avait obtenu un appui unanime.

Le tollé que suscite cette pratique depuis plusieurs mois a fait réagir le ministre responsable du dossier, François-Philippe Champagne. Le 11 janvier dernier, sa porte-parole, Laurie Bouchard, a affirmé qu’Ottawa avait les mains liées dans ce dossier en vertu d’une ordonnance de la Cour fédérale. Elle a soutenu par ailleurs que les chaires sont accordées au mérite. Ces affirmations relèvent tout simplement du mensonge.

Quiconque connaît ce dossier sait très bien que la compétence n’est pas le seul critère. Par exemple, l’énoncé d’un concours d’une chaire de recherche en histoire du Québec-Canada pour laquelle j’aurais voulu postuler était clair, comme il l’est pour d’autres affichages. Il faut avoir « les compétences requises » et s’être « auto-identifiées comme […] femmes, Autochtones, personnes en situation de handicap et personnes appartenant aux minorités visibles ».

Indiquez l’orientation sexuelle

Les candidats doivent aussi répondre à des questions sur un éventuel handicap qu’ils auraient, sur leur genre et aussi sur leur orientation sexuelle, toujours dans le cadre de la politique de quotas. On doit indiquer, par exemple, si on est « pansexuel, bisexuel, femme trans, asexuel, bispirituel, genre fluide », et j’en passe. Le fait d’avoir une attirance pour des personnes du même sexe, du sexe opposé ou pour les deux relève pourtant de la sphère privée. Cela ne concerne aucunement les bureaucrates fédéraux ou ceux de l’Université Laval qui, en posant la question, violent le droit à la vie privée des candidats.

Il est clair ici que, ce qui compte désormais à Ottawa, c’est d’avoir des chercheurs et des scientifiques issus de certains groupes. Bientôt, ce phénomène s’étendra à nos chirurgiens, à nos pilotes d’avion, à nos sportifs et tutti quanti. La compétence est de moins en moins prise en compte tandis que la couleur de la peau, le genre et l’orientation sexuelle deviennent des critères incontournables.

Cette politique découle notamment d’une entente sur la diversité que les fédéraux ont signée en 2021 avec le professeur Amir Attaran, de l’Université d’Ottawa. En 2016, celui-ci avait porté plainte pour discrimination auprès de la Commission canadienne des droits de la personne. Sous peine de pénalité, cet accord fixe des quotas aux universités (basés sur le recensement) quand elles embauchent des professeurs-chercheurs titulaires d’une chaire de recherche du Canada.

L’entente entre le professeur Attaran, le gouvernement fédéral et la Commission canadienne des droits de la personne a été entérinée par la Cour fédérale. Il ne s’agit donc pas d’une décision de ce tribunal, mais bien d’un accord entre les parties, validé par celui-ci. Dans ce dossier, Ottawa a agi de son plein gré.

Une diversité anti-Québec

Il est intéressant de noter que le professeur Attaran, un Américain d’origine, s’est fait connaître au cours des dernières années pour le fiel qu’il déverse sur notre nation. Au lieu de prendre acte du fait que le français est la langue d’un des peuples fondateurs de son pays d’adoption, il se dit victime de discrimination parce qu’il ne parle pas cette langue. Il a entre autres accusé les Québécois d’être des suprémacistes blancs qui laissent mourir les Noirs et les Autochtones dans leurs hôpitaux.

C’est donc avec ce personnage que les fédéraux ont pactisé. Il est intéressant de noter que l’accord qu’ils ont signé avec lui ressuscite la discrimination que subissaient certains groupes dans le passé, les Canadiens français et les Juifs par exemple. Parallèlement, l’entente donne des droits supplémentaires à des individus comme Attaran. Ce dernier se dit issu d’une minorité même s’il est de culture anglo-saxonne et qu’en réalité il fait partie de la majorité canadienne-anglaise.

Ce professeur de l’Université d’Ottawa est un personnage haïssable, mais il a au moins le mérite d’avancer à visière levée. Il crache régulièrement et sans la moindre gêne sur la minorité nationale québécoise et veut instaurer du racisme à l’égard des Blancs dans nos institutions. Les fédéraux ont décidé de jouer dans son jeu. Qu’ils assument leurs décisions et nous épargnent leur discours hypocrite et mensonger suivant lequel ils n’ont rien à voir là-dedans !

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