Ignorer l’impact des changements climatiques nous coûte cher

En septembre dernier, l’ouragan Fiona a causé de nombreux dégâts.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne En septembre dernier, l’ouragan Fiona a causé de nombreux dégâts.

Le message qui ressort de la dernière conférence des Nations unies sur les changements climatiques est clair et net : les changements climatiques ne sont plus le problème de demain. Ils se produisent aujourd’hui, avec de graves répercussions sur notre environnement bâti, et la situation ne fera qu’empirer avant de s’améliorer. Nous ne pouvons pas continuer à construire des infrastructures comme nous l’avons toujours fait. Ignorer cette réalité a un coût humain et financier. La stratégie d’adaptation aux changements climatiques annoncée par le gouvernement du Canada est une première étape essentielle vers la résilience climatique. Il suffit de regarder l’impact social et économique des dommages causés par l’augmentation de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes sur les infrastructures pour le constater.

Les rapports préliminaires de la Stratégie nationale d’adaptation du Canada recommandent que tous les systèmes d’infrastructure soient résilients au climat d’ici 2050, avec des normes techniques et un cadre d’investissement solide en place d’ici 2030. Il y a un espoir d’atteindre ces objectifs. En revanche, il nous impose d’agir sans plus tarder et d’investir de manière importante pour trouver les meilleures solutions.

Les exemples récents des répercussions des changements climatiques ne manquent pas au pays. L’ouragan Fiona a privé des milliers de foyers et d’entreprises d’électricité durant plus d’une semaine et le gouvernement fédéral prévoit 1 milliard de dollars uniquement pour couvrir les demandes d’aide financière attendues des provinces de l’Est. La région arctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale, les effets du dégel du pergélisol font s’enfoncer des maisons et des poteaux électriques dans le sol, et détruisent des passerelles essentielles. Il y a aussi les feux de forêt en Colombie-Britannique qui se rapprochent dangereusement des communautés, 2021 se classant au troisième rang des pires saisons jamais enregistrées, et le coût élevé des inondations, qui ont coûté 17 millions de dollars à Montréal au printemps 2019.

L’Institut climatique du Canada prévoit que l’impact financier des changements climatiques atteindra 5 milliards de dollars par an d’ici 2025, et 17,5 milliards de dollars par an d’ici 2050. Les coûts associés aux dommages causés par les inondations aux routes et aux chemins de fer ainsi qu’aux infrastructures de transmission et de distribution d’électricité devraient tous atteindre des milliards de dollars par an.

Jusqu’à quel point le signal d’alarme doit-il être plus fort ?

Pour garantir la résilience de nos infrastructures, nous devons les concevoir autrement. Pour ce faire, nous devons développer de nouvelles technologies et pratiques innovantes. Nous devons aussi prendre en compte le cycle de vie complet de tout ce qui est construit par l’homme, des bâtiments aux égouts et conduites d’eau en passant par les routes, les ponts et les réseaux électriques et de communication, afin de garantir que nos infrastructures contribuent également à l’atténuation des changements climatiques en réduisant leurs émissions autant que possible.

L’un des moyens d’y parvenir est d’adopter des stratégies d’économie circulaire, qui consistent à optimiser l’utilisation des ressources matérielles et énergétiques en produisant des infrastructures impliquant le partage, la location, la réutilisation, la réparation, la remise à neuf et le recyclage des matériaux existants aussi longtemps que possible. Les nouvelles infrastructures doivent non seulement être capables de résister aux intempéries et aux catastrophes naturelles, mais elles doivent également être fabriquées de manière réfléchie.

Pour que cette solution soit efficace, il est essentiel que les parties prenantes, le secteur privé, les instituts de recherche et les décideurs publics travaillent en collaboration pour préparer l’avenir. Il est essentiel de fixer des objectifs climatiques pour 2030, 2050 et au-delà, mais la réalité est que nous subissons déjà l’impact des changements climatiques et que nous devons nous y adapter.

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