Libéraux, du calme!

Depuis plusieurs jours, Dominique Anglade est contestée au sein de son propre parti.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Depuis plusieurs jours, Dominique Anglade est contestée au sein de son propre parti.

Une sorte de frénésie s’est emparée des militants du Parti libéral du Québec (PLQ) au cours des derniers jours. À découvert ou protégés par l’anonymat, plusieurs réclament la tête de la cheffe, Dominique Anglade. Les discussions tenues lors de réunions confidentielles sont rapportées en détail dans les médias. Bref, le PLQ a apparemment perdu une autre des caractéristiques qui ont fait sa force et assuré sa durabilité, la discipline.

Je suis un membre très récent du parti et ne jouis donc d’aucune autorité morale auprès du membership. Par fidélité aux principes et valeurs de cette grande formation politique, je me permets tout de même de lancer un appel au calme. À la suite des résultats désastreux des deux derniers exercices électoraux, le Parti libéral du Québec doit se livrer à un sérieux examen de conscience. Que veut dire être libéral aujourd’hui, au Québec ? Tous les militants, de la cheffe jusqu’aux simples membres, doivent être invités à participer à cet exercice.

Entretemps, l’aile parlementaire a devant elle une tâche cruciale : être l’opposition officielle face à un gouvernement qui compte maintenant une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. Alors que le Québec plonge en récession, que l’inflation sévit à un niveau jamais vu depuis quatre décennies, que les hôpitaux débordent au point où la qualité des soins est compromise, et que l’on fait face à bien d’autres enjeux (immigration, pénuries de main-d’oeuvre, changements climatiques…), il faut une opposition vigilante et vigoureuse pour s’assurer que, comme il l’a promis, le gouvernement Legault gouverne — et gouverne bien — pour tous les Québécois.

Bien sûr, compte tenu des événements récents, les libéraux ne peuvent pas faire abstraction de la question de la direction de leur parti. Mais il existe un processus en place pour permettre aux membres de se prononcer sur cette question, dans l’ordre. L’espèce de lynchage public auquel on assiste présentement est non seulement disgracieux, il soumet la cheffe actuelle à un traitement qu’elle ne mérite pas.

Faisons donc les choses dans l’ordre :

1. Travail de l’aile parlementaire à l’Assemblée nationale ;

2. Mise en place d’un processus de consultation et de mobilisation des membres ;

3. Détermination de la date du prochain congrès des membres.

 

Quant aux discussions sur le leadership, elles devraient se tenir en privé. Mme Anglade est cheffe de l’opposition officielle, et elle doit avoir les coudées franches pour faire son travail tant et aussi longtemps qu’elle est convaincue d’avoir l’appui des membres. Tout indique qu’elle est présentement à l’écoute, comme il se doit ; il appartient aux militants de lui faire part de leur vision des choses au cours des prochaines semaines, et ultimement lors du vote de confiance.

L’image du Parti libéral du Québec a été beaucoup malmenée au cours des dernières années. Le nécessaire travail de reconstruction sera encore plus difficile s’il s’amorce sur les ruines d’un champ de bataille. Le PLQ est le parti de la discipline ; il est temps d’y revenir.

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