Carte blanche à Pascal Déry | Bâtir le pont d’acier

«Si l’on jouit d’une certaine force positive, c’est notre devoir d’en faire bénéficier la communauté. Mon engagement récent en politique n’est qu’une continuation de cette implication citoyenne», écrit l'auteur.
Illustration: Amélie Grenier «Si l’on jouit d’une certaine force positive, c’est notre devoir d’en faire bénéficier la communauté. Mon engagement récent en politique n’est qu’une continuation de cette implication citoyenne», écrit l'auteur.

Le Devoir a demandé à cinq candidats ayant fait le saut pour la première fois dans l’arène politique ce qui avait suscité leur attrait pour la chose publique. À tour de rôle, à raison d’un candidat par parti, ils nous racontent leurs doutes et leurs espoirs. Aujourd’hui, le conservateur Pascal Déry.

« Pont de ficelle, pont de corde, pont de bois, pont d’acier. » Cette métaphore m’a été proposée par mon maître instructeur chez Karaté Sunfuki voilà des années et n’est jamais sortie de ma tête. Empreinte de sagesse, son offrande illustre pertinemment le temps, la patience et le dévouement que demande le développement de relations sociales solides, qu’elles soient personnelles, professionnelles… ou idéologiques.

Dans les années 1960, seulement quelques mois avaient été nécessaires à Jean Lesage pour construire un pont de bois suffisamment solide pour mettre fin à 16 ans de règne par l’Union nationale. Porté à la chefferie du Parti libéral du Québec en 1958, Lesage inspirait le Québec à dire « Bye, bye, Maurice », poussé par l’espoir de renouveau que portait son slogan de campagne, « C’est le temps que ça change ».

C’est exactement la motivation stimulant ma candidature politique et celle des 124 autres citoyens qui représentent aujourd’hui le Parti conservateur du Québec, du bout de la Gaspésie jusqu’au pont du Portage à Gatineau : changer les choses.

Des Québécois, des Québécoises, comme vous et moi : des infirmières, des avocats, des entrepreneurs, des mères et pères de famille, des éducatrices, des agriculteurs, des médecins, des individus de tout acabit, travaillants, qui ont décidé de prendre le futur du Québec entre leurs mains. Des gens de tous les secteurs, avec les pieds sur le plancher, qui se sont dit : « C’est assez. »

Pour arrêter la décadence de nos systèmes publics, pour répondre à plus de deux ans de gestion de crise caquiste désastreuse, pour prendre en charge la lourde tâche d’améliorer nos façons de faire : des idées nouvelles, du sang neuf, de l’expertise sur le terrain, des gens désirant aider leurs concitoyens. Une plus-value qui manquait à notre démocratie.

Bien-être collectif

 

C’est aussi la vocation de vie que j’ai choisie : aider les autres. Instruction des arts martiaux aux enfants, voyage humanitaire, collectes de fonds pour la Fondation Make-a-Wish/Rêves d’enfants, soutien aux organismes locaux à travers mon centre d’entraînement avec obstacles SpartanFit, à Sainte-Julie : autant d’initiatives personnelles pour contribuer humblement au bien-être collectif.

Si l’on jouit d’une certaine force positive, c’est notre devoir d’en faire bénéficier la communauté. Mon engagement récent en politique n’est qu’une continuation de cette implication citoyenne. Parce que je ne me lance pas en « politique », j’amplifie le rayonnement de cette implication. Je profite du vecteur de changement proposé par le Parti conservateur du Québec pour aider mes concitoyens et donner à plus grande échelle : des défis motivants, acceptés avec grande gratitude.

Concrètement, mon ambition principale est de revaloriser l’activité physique à l’échelle provinciale, de la démocratiser et de l’émanciper de la fausse perception voulant que sa pratique soit un choix exclusivement de « sportifs ». Bouger, adopter de saines habitudes de vie n’est pas une affaire d’athlète. C’est notre responsabilité comme être humain. Point.

Désengorger le système de santé de sa bureaucratie sclérosante peut demander des années, voire des décennies. Ce que l’on peut faire maintenant, vous et moi, c’est éviter les hôpitaux en acceptant la responsabilité de notre santé. La responsabilité quant à la défaillance de notre système est partagée : c’est à cause de l’État et c’est à cause de nous. Comme je le déclarais dans mon discours de candidature, nous devons avouer notre piètre état de santé collectif. Depuis des années, les deux causes de mortalité les plus importantes au pays sont les cancers et les troubles cardiovasculaires, selon Statistique Canada, des maladies sur lesquelles nos choix de vie ont une influence directe, négative… ou positive.

Un nouveau carrefour historique

 

Ainsi, dans toute situation sombre se trouve une occasion éclairante de changement. L’occasion, ici, est de prendre activement soin de notre santé : c’est en multipliant les changements microscopiques que l’on va engendrer, ensemble, un changement macroscopique durable en santé. Et si l’on s’entraînait à éviter les hôpitaux, littéralement ? Assurément, il faut que ça change au Québec. Vous le savez. J’en conviens aussi. Maintenant, quelles actions sommes-nous prêts à poser véritablement ?

Les grands changements demandent souvent des choix difficiles, des sacrifices, des inconforts. Pour moi, le nuage gris est malheureusement là : que sommes-nous disposés à faire pour que ça change vraiment ? De quelle résilience collective pouvons-nous faire preuve face aux défis qui nous attendent ? Dans une civilisation où l’on préfère la prescription de médicaments à l’effort physique, comment espérer une amélioration véritable en santé ? Quand on préfère notre tablette à nos espads, comment imaginer que l’on puisse participer activement au délestage des urgences ? Quand on se contente de sources d’information de masse pour façonner notre pensée, comment aspirer à un éveil intellectuel collectif ?

Bonne nouvelle : nous contrôlons ces variables. J’ai de l’espoir. Notre pont de ficelle idéologique s’est construit voilà plus d’une décennie avec l’apparition d’organisations telles que le Réseau liberté Québec et un parti conservateur provincial sous Adrien Pouliot. L’arrivée d’Éric Duhaime à la tête du PCQ, c’est un pont de corde solide. Le pont de bois, c’est plus de 55 000 membres, bénévoles et candidats conservateurs dévoués qui participent à sa construction, chaque jour…

En 1960, les Québécois sortaient de leur Grande Noirceur en affirmant : « C’est le temps que ça change. » Soixante ans plus tard, nous sommes rendus à un nouveau carrefour historique, critique pour notre avenir. Pour toi, ta collectivité, pour les générations futures, quel choix feras-tu ? Celui de la « continuité » ou celui d’être, enfin, libres chez nous ? Donne-moi espoir, mon ami, mon amie, qu’ensemble nous serons capables de bâtir le pont d’acier.



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