Carte blanche à Pierre-Luc Brillant | Le devoir de se souvenir

«Je me présente dans Rosemont pour le Parti québécois parce que je crois fondamentalement que l’indépendance est la seule option politique qui puisse permettre aux Québécoises et aux Québécois de s’épanouir au sein d’un grand peuple qui s’assume pleinement», estime Pierre-Luc Brillant.
Illustration: Amélie Grenier «Je me présente dans Rosemont pour le Parti québécois parce que je crois fondamentalement que l’indépendance est la seule option politique qui puisse permettre aux Québécoises et aux Québécois de s’épanouir au sein d’un grand peuple qui s’assume pleinement», estime Pierre-Luc Brillant.

Le Devoir a demandé à cinq candidats ayant fait le saut pour la première fois dans l’arène politique ce qui avait suscité leur attrait pour la chose publique. À tour de rôle, à raison d’un candidat par parti, ils nous racontent leurs doutes et leurs espoirs. Aujourd’hui, le péquiste Pierre-Luc Brillant.

Je suis né alors que René Lévesque entamait sa deuxième année à titre de premier ministre du Québec, quelques mois après l’adoption de la Charte de la langue française par l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, à 44 ans, je suis profondément reconnaissant et fier de l’oeuvre colossale de notre parti national, qui a modifié radicalement la face politique du peuple québécois en le faisant passer du statut de minorité francophone du Canada à celui de peuple majoritaire chez lui. Comme celle de toutes les Québécoises et de tous les Québécois, mon existence est profondément marquée par l’héritage du seul parti véritablement souverainiste, dont l’oeuvre est encore et toujours à poursuivre.

J’ai grandi dans les déceptions de la défaite référendaire de 1980 et dans les espoirs trahis qui s’ensuivirent. J’avais à peine deux ans quand René Lévesque nous conviait à la « prochaine fois » ! Je m’en souviens, à travers la mémoire de mon père, de ma mère, et de notre mémoire collective. Les années m’ont laissé cette volonté inextinguible de concrétiser ce rêve. Pour la suite du monde. Pour la suite de notre monde.

En 1995, j’ai pu enfin mesurer la force du projet souverainiste. Oui, le monde pouvait véritablement changer. Le peuple québécois pouvait se permettre de sortir des discours endormis pour enfin embrasser la réalité de son affranchissement. Maîtres chez nous. Maîtres en notre pays. J’ai compris alors que la volonté d’émancipation d’un peuple soulève des montagnes. Que le pouvoir de s’unir autour d’un projet national, un projet inclusif, est porteur d’espoir, car il assurera le plein contrôle des leviers essentiels à notre destinée collective.

Depuis la défaite amère de 1995, les promesses trahies de renouvellement de l’ordre canadien n’ont fait que perpétuer l’érosion des pouvoirs du Québec ainsi que ses perspectives d’avenir comme communauté nationale. Depuis trop longtemps, le Québec essuie les refus. Il se résigne devant les échecs et concède des reculs incontestables au niveau de son autonomie politique et économique, de sa vitalité linguistique et de son contrôle sur l’atteinte de ses objectifs environnementaux. Pour ne nommer que ceux-là.

Un projet rassembleur

 

Comme le veut l’adage : la folie consiste à refaire sans cesse la même chose, en espérant un résultat différent. De grâce, n’embrassons pas cette folie de répéter les mêmes erreurs encore et encore en espérant des réformes qui ne viendront jamais au sein du Canada.

L’indépendance du Québec est plus que jamais nécessaire. Il est plus que temps que notre peuple parle de sa propre voix aux nations de la Terre. Plus que temps que l’on participe enfin pleinement aux décisions sur les enjeux de l’humanité sans devoir demander la permission à cet État pétrolier canadien dont les intérêts dominent toujours les nôtres.

L’indépendance est primordiale parce que la langue de chez nous perd du terrain à chaque instant et que notre assujettissement au Canada en est la cause. Parce que le peuple québécois en a assez de devoir justifier ses lois dûment votées à l’Assemblée nationale devant une couronne étrangère qui les invalide au gré de ses humeurs idéologiques.

Au fil du temps, mon métier d’artiste m’a permis de rencontrer des gens de partout au Québec, au Canada français et à travers le monde. Écouter ce que les autres ont à dire de leurs origines, de leur histoire, de leurs rêves, de leurs valeurs et de leurs aspirations politiques nationales m’a inspiré. Il est indispensable pour les petites nations de contrôler les leviers de l’État pour développer leur prospérité collective et faire rayonner leurs cultures. Il y va de leur pérennité.

Je me présente dans Rosemont pour le Parti québécois parce que je crois fondamentalement que l’indépendance est la seule option politique qui puisse permettre aux Québécoises et aux Québécois de s’épanouir au sein d’un grand peuple qui s’assume pleinement. Je me présente parce que j’en ai plus qu’assez de la propagande de peur et de l’idée qu’être souverainiste, c’est être contre l’autre, contre la différence, alors que c’est tout le contraire. C’est un projet rassembleur qui nous soude à la volonté de vivre en commun.

Je représente avec fierté un grand parti qui a marqué le développement culturel, socio-économique et identitaire du Québec. Et nous en sommes les héritiers. Je m’investis pour donner suite aux aspirations, aux rêves, aux convictions, aux réalisations des gens de mon pays.

En évolution avec son temps

 

Alors que nous célébrons le 100e anniversaire de la naissance de René Lévesque, le 32e premier ministre de l’histoire du Québec, François Legault confirme son allégeance fédéraliste et sa volonté « dépendantiste ». C’est un « abdiquiste » devant le Canada qui pousse maintenant le bouchon jusqu’à nous assurer que la « coalition » qu’il représente est encore moins souverainiste que… les libéraux de Dominique Anglade !

Dans le tumulte mondial actuel ; de la crise climatique à l’amplification des inégalités sociales et économiques, les actions déterminantes à accomplir doivent se faire collectivement. La seule manière de les concrétiser est de prendre nos responsabilités et de concevoir le plus grand et le plus inspirant projet pour une nation : l’indépendance.

Ce projet doit à tout prix rester vivant, en évolution avec son temps, afin de reprendre des forces et de rappeler aux Québécoises et Québécois de toutes origines et de toutes allégeances qu’il n’est rien de plus résistant sur terre que la volonté de liberté d’un peuple.

Dans cet instant décisif pour notre avenir commun, il est de notre devoir de se souvenir et de redonner un élan au parti que M. Lévesque a fondé.

Je suis prêt à y travailler sans relâche et à y contribuer avec vous et au nom de toutes celles et de tous ceux qui nous suivront. Pour la suite du monde.



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