Pour que vive la culture

Pour que la culture demeure un bien commun, il faut que le gouvernement du Québec continue de la soutenir et d’investir, affirme l’autrice. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Pour que la culture demeure un bien commun, il faut que le gouvernement du Québec continue de la soutenir et d’investir, affirme l’autrice. 

Voilà maintenant six ans que je préside Culture Montréal. Six années au cours desquelles je n’ai eu de cesse de défendre les arts et la culture, leur apport à la société, leur importance dans le rapport à soi et aux autres, leur rôle dans la vie de quartier et dans l’essor de la métropole.

Aujourd’hui, alors que Culture Montréal continue plus que jamais de faire oeuvre utile, le moment est venu pour moi de passer le flambeau à la relève. C’est avec le sentiment du devoir accompli que je laisserai ma place à une nouvelle présidence lors de l’Assemblée générale annuelle des membres le 26 octobre prochain.

Je suis fière de ce que nous avons accompli. Sur le terrain des idées, Culture Montréal a contribué à placer la culture au coeur du débat public. Depuis le début de mon mandat, six élections se sont succédé. Six campagnes électorales tout au long desquelles Culture Montréal a perfectionné ses outils de concertation, de réflexion et d’intervention démocratiques au service du milieu et des intérêts supérieurs de la culture. Nos plateformes de recommandations en culture sont désormais des documents incontournables pour les décideurs, car elles constituent un portrait précis et le plus possible complet des enjeux d’avenir pour le secteur des arts et de la culture. Au fond, elles portent toutes en elles le même message : il y a un droit à la culture, car la culture est un bien commun.

Les élections québécoises de cette année sont une occasion supplémentaire de porter ce message. Pour que la culture demeure un bien commun, il faut que le gouvernement du Québec continue de la soutenir et d’investir. La pénurie de main-d’oeuvre et la poussée inflationniste vont freiner la reprise du secteur. C’est pourquoi le soutien de l’État à nos artistes, à nos créateurs et à nos artisans est vital. Il faut sans cesse le rappeler.

Pour que la culture appartienne à tous et toutes, il faut valoriser ses différentes expressions et reconnaître l’importance que revêtent les arts et les pratiques culturelles autochtones dans le processus de réconciliation et de réappropriation identitaire mené par les Premières Nations.

Pour que la culture nous rassemble et nous élève, il faut la transmettre et la partager dès le plus jeune âge. Le renforcement des liens entre le monde de la culture et celui de l’éducation constitue indéniablement l’une des principales clefs de la réussite éducative et de la participation à la vie culturelle de notre jeunesse.

Pour que la culture contribue à l’habitabilité du monde, il faut reconnaître pleinement son rôle en tant qu’actrice de changement au sein de ce grand mouvement de la transition écologique.

Pour que la culture continue de tisser ce lien vital entre le passé et le présent, il faut tout mettre en oeuvre pour sauvegarder notre patrimoine bâti et immatériel, dont la présence témoigne d’une histoire riche et plurielle.

Je pourrais continuer longtemps à énumérer les enjeux culturels de demain. Ils sont la raison d’être de Culture Montréal, qui fête cette année ses 20 ans d’existence. En 20 ans, Culture Montréal aura été à la fois l’acteur et le témoin privilégié du développement fulgurant de la métropole sur le plan culturel : la première politique culturelle de la Ville, le renouveau des bibliothèques, le Quartier des spectacles, le Rendez-vous Montréal métropole culturelle, la bataille de l’usine Grover et de l’avenue de Gaspé pour les ateliers d’artistes, ou encore le 375e anniversaire de Montréal.

Mais il reste encore bien des combats à mener pour assurer la relance culturelle de Montréal et réaliser une véritable citoyenneté culturelle à l’échelle locale. C’est pourquoi Culture Montréal est plus utile que jamais.

J’ai confiance en l’avenir et en la personne qui me succédera à la présidence de Culture Montréal, comme en celles et ceux qui s’engagent tous les jours en faveur de la culture et qui ne ménagent pas leurs efforts, au sein du milieu artistique et culturel comme du conseil d’administration et de l’équipe permanente de Culture Montréal.

Pour ma part, ceci n’est pas un adieu. Je continuerai de servir la culture, comme je l’ai toujours fait. Longue vie à Culture Montréal !

À voir en vidéo