Revirement majeur en faveur de la loi 101 au collégial

«Au fil des ans, nous avons assisté, impuissants, au déclin du français dans le réseau collégial», écrivent les signataires.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir «Au fil des ans, nous avons assisté, impuissants, au déclin du français dans le réseau collégial», écrivent les signataires.

Le 8 septembre dernier, les délégués de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), réunis à Trois-Rivières en conseil extraordinaire, ont voté pour l’assujettissement du réseau collégial à la loi 101. C’est une grande victoire pour l’avenir du français ! La FNEEQ, qui représente 35 000 professeurs, devient ainsi la première fédération syndicale à prendre position en faveur de l’application de la loi 101 au collégial.

Pour le Regroupement pour le cégep français (RCF), ce « conseil extraordinaire de la FNEEQ » s’est révélé un « extraordinaire conseil »… Nous sommes persuadés qu’il y aura un avant et un après-Trois-Rivières.

Les professeurs de cégep membres de notre regroupement auront puissamment contribué à ce revirement historique. Ils se réjouissent aujourd’hui que les voix de la base syndicale soient entendues aux plus hauts niveaux. Une forte majorité de 41 des syndicats d’enseignants des cégeps a voté, en assemblée syndicale, pour l’application de la loi 101 au collégial. Leur voix devait être entendue et elle le fut.

Au fil des ans, nous avons assisté, impuissants, au déclin du français dans le réseau collégial. De 1995 à 2022, le secteur anglais a doublé son poids par rapport à celui de la communauté anglophone (8,8 %), pour atteindre près de 19 % de la clientèle du réseau. La Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (PL96) vient plafonner ce pourcentage à son plus haut taux historique, coulant ainsi dans le béton cet essor sans précédent des cégeps anglais.

Or, simplement pour maintenir à la fois le poids relatif du français au Québec et son indice de vitalité, comme le répètent à l’unisson Simon Jolin-Barrette et plusieurs sociolinguistes, il urge de hausser le taux de francisation des immigrants de 55 % à 90 %. Pour ce faire, il faut que les allophones convergent vers le réseau français, et viennent contribuer à enrichir une diversité que nous appelons de nos voeux.

Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ, nous voulons vous dire, avec toute l’émotion et la passion pour le français dont nous sommes capables, que le RCF fera bloc derrière vous.

Nous tenons à féliciter et à remercier tous nos collègues professeurs qui ont contribué à cette victoire historique.

Pour le français, tous les espoirs sont désormais permis !

*Ont aussi cosigné ce texte : Yannick Lacroix, Nicolas Bourdon, Georges-Rémy Fortin, Sébastien Mussi, Caroline Hébert, Frédéric Belzile, Aïcha Van Dun, Gabriel Coulombe, Alexis Vaillancourt-Chartrand, Mathieu Bélisle, Stéphane Beauregard et Gino Bergeron.

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