Les entreprises ont un rôle à jouer pour susciter la participation électorale

«Comme employeurs, nous pouvons tout à fait encourager notre personnel à aller aux urnes sans lui dire pour qui voter», proposent les auteurs.
Photo: Getty Images «Comme employeurs, nous pouvons tout à fait encourager notre personnel à aller aux urnes sans lui dire pour qui voter», proposent les auteurs.

La participation électorale, au Québec comme dans la majorité des démocraties dans le monde, est en baisse quasi constante depuis une trentaine d’années. Nous souhaitons aujourd’hui interpeller les entreprises et les organisations qui, comme lieux de socialisation privilégiés pour bon nombre de citoyennes et de citoyens, peuvent jouer un rôle accru pour transmettre de l’information et pour susciter l’intérêt à participer à la vie démocratique.

La plupart des actions encourageant la participation électorale visent les citoyennes et les citoyens comme individus. Or, les entreprises et les organisations sont des acteurs sociaux de premier plan. Dans la culture d’entreprise au Québec, nous avons depuis longtemps valorisé la neutralité politique à l’intérieur de l’organisation et vis-à-vis de la communauté comme une pratique déontologique et éthique. Cela est une bonne chose, toutefois, nous pouvons la conjuguer à un devoir de promotion de la participation électorale pour contribuer à la santé démocratique. Ainsi, comme employeurs, nous pouvons tout à fait encourager notre personnel à aller aux urnes sans lui dire pour qui voter. Nous pouvons aussi, notamment par l’entremise de regroupements et d’associations comme les chambres de commerce, organiser des débats électoraux afin de permettre aux électeurs de notre région de mieux connaître les candidates et candidats qui figureront sur leur bulletin de vote. C’est ce réflexe qu’il faut aujourd’hui ancrer au sein des entreprises. C’est d’autant plus vrai que, selon le Baromètre de la confiance 2022, réalisé par la firme Edelman, une majorité de personnes répondantes font davantage confiance à leur employeur qu’à toute autre catégorie d’organisations (ONG, entreprises, gouvernements, médias), une tendance depuis 2020.

La promotion de la participation électorale pourrait même faire partie de la responsabilité sociale des entreprises. Celles-ci reconnaissent déjà généralement que les politiques et pratiques intégrant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont désormais un impératif d’affaires. Pourquoi ne pas élargir l’interprétation des critères de bonne gouvernance à l’exercice d’un rôle de renforcement de l’environnement démocratique dans lequel elles évoluent ? De la même manière qu’un nombre toujours croissant d’entreprises se positionnent en tant que leaders pour réduire les émissions de carbone, nous faisons le pari que plusieurs sont aussi prêtes à jouer un rôle pour la santé démocratique.

Les relations humaines et professionnelles qui se déploient dans nos milieux de travail influencent la vie des citoyennes et des citoyens. Plus que jamais, les jeunes qui entrent sur le marché du travail placent les valeurs et la responsabilité sociale de leur employeur au coeur de leurs priorités. Le contexte est idéal pour que les entreprises se questionnent sur leur rôle dans la démocratie. Ce rôle peut certainement inclure l’invitation, de façon non partisane, il va sans dire, à contribuer à choisir qui gouverne et à maintenir la légitimité de nos institutions démocratiques. Or, quelles sont les meilleures pratiques à cet effet ? Comment aller plus loin ? Nous comptons poursuivre cette réflexion avec les dirigeantes et dirigeants d’entreprises volontaires afin de trouver des solutions innovantes pour influencer positivement la participation électorale et agir sur la santé de notre démocratie. Si vous souhaitez répondre à l’appel, communiquez avec nous !

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