Lettres: La Ville ne doit pas céder

Le Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal crie à l'injustice parce qu'après avoir demandé l'intervention d'un arbitre, il n'est pas content du contenu de sa décision. En appel, un juge vient de confirmer la décision de l'arbitre.

Tous les autres syndicats avaient accepté les offres très généreuses de la Ville. Ce n'était pas assez pour ce syndicat [...], qui a alors demandé un arbitre, persuadé qu'il allait encore une fois rafler le gros lot. Quelle ne fut pas sa surprise: le courageux arbitre, devant les demandes farfelues des cols bleus, a tranché en faveur de la position nettement plus raisonnable de la Ville.

La plupart des cols bleus de la Ville de Montréal gagnent entre 26 et 28 $ l'heure, sans compter les heures supplémentaires à temps et demi ou double, selon le jour de la semaine et les primes pour ceci ou pour cela. Ils peuvent prendre une retraite grassement payée à 50 ans ou même avant (après 30 ans de service). Ils ont droit à un généreux régime d'assurances, à de très longues vacances et à une variété de congés payés. Leur heure de dîner leur est payée comme étant une heure travaillée. La convention collective des cols bleus de la Ville de Montréal est probablement la plus généreuse en Amérique du Nord pour cette catégorie d'employés. Ces conditions exceptionnelles ont été arrachées à coups d'intimidation, de violence et de non-respect des contribuables qui, en définitive, payent la note.

La Ville de Montréal, pendant ce temps, croule sous un déficit actuariel gigantesque, fruit de ces conditions de travail démesurément généreuses. Si on prend l'ensemble de sa rémunération (salaire, congés divers, vacances, primes, assurances, régime de retraite, etc.), un col bleu de la Ville de Montréal coûte au contribuable montréalais près de 50 % de plus qu'un col bleu du gouvernement du Québec. [...]

La décision de l'arbitre et le jugement du magistrat, devant les demandes démesurées de ces enfants gâtés, sont totalement justifiés. En tant que contribuable, j'exige de la Ville qu'elle voie à les faire respecter à la lettre. Malgré ce petit réajustement à la baisse, les cols bleus de Montréal continueront de bénéficier d'une rémunération et d'avantages sociaux outrageusement élevés. Leurs jérémiades ne sont que du braillage d'enfants gâtés. [...]