Tsunami en Asie - Aurait-on pu sauver des vies?

Le tsunami qui, dimanche, a frappé les côtes de l'Asie du Sud-Est a provoqué la mort, aux dernières nouvelles, de plus de 75 000 personnes, dont un tiers sont des enfants. Aurait-on pu sauver des vies?

Mettons de côté la possibilité de prévoir le séisme, surtout un séisme sous-marin comme celui de dimanche, dont l'épicentre était situé à 250 kilomètres au large de Sumatra. On estime sa magnitude à 9 degrés sur l'échelle de Richter, le plus violent des 40 dernières années.

Oublions aussi les populations situées près de l'épicentre du séisme, malheureusement trop près pour intervenir. Si les secousses sismiques ne les tuent pas directement, le délai de grâce avant d'être frappé par le tsunami se compte en minutes. La vague déferle à une vitesse de 500 à 800 km/h.

Les sismographes du monde entier ont bien détecté et localisé le tremblement de terre à l'origine du tsunami dans les minutes qui ont suivi le séisme. Pour vous en convaincre, allez sur le site du réseau de surveillance sismique canadien (www.seismo.nrcan.gc.ca/cgi-bin/hplot_f.html) et tapez «2004 - 12 - 26 - 1». Vous verrez qu'on enregistrait ici les ondes du séisme moins de 15 minutes après l'événement.

Alors, comment expliquer qu'un si grand nombre de victimes se trouvent au Sri Lanka, à plus de 1700 kilomètres de l'épicentre, et sur la côte de l'Inde, située à plus de 2000 kilomètres de ce point? Même en supposant une vitesse maximale de 800 km/h, cela laissait plus de deux heures pour donner l'alerte, prévenir les populations, les évacuer ou les mettre à l'abri... Pour la plupart, il suffisait simplement d'éviter les plages.

Que s'est-il passé? Comment se fait-il que personne n'ait essayé de prévenir ces populations?

Les responsables (c'est le bon mot!) ont caché leur ignorance crasse en déplorant l'absence d'un réseau de veille par satellite en temps réel et l'absence d'un réseau de bouées au large pour détecter les vagues suspectes. De la foutaise! Tous les fils de presse du monde parlaient du séisme alors que le moindre sismographe de fortune avait déjà pété les plombs! Or c'est un fait archiconnu qu'un séisme en mer (même de faible amplitude) s'accompagne toujours d'un train de vagues géantes, voire d'un tsunami, capables de voyager sur des milliers de kilomètres. La simple prudence (sans compter le principe de précaution) commandait d'alerter les populations.

En 2004 (bientôt 2005), ils n'ont ni la radio ni le téléphone, en Inde? Pas de police non plus? Ils ont les meilleures universités d'Asie, mais pas de séismographe? Même le collège Brébeuf en a un dans son sous-sol! Tout le monde avait-il trop mal à la tête au lendemain de Noël?

Bilan: des dizaines de milliers de morts à cause de l'ignorance et de la négligence... Un grand moment de l'humanité!