Lettres: Superhôpital

Le débat entourant la construction du superhôpital affilié à l'Université de Montréal a pris une tournure rocambolesque. Depuis quelque temps, lobbying aidant, on sent nettement une valse-hésitation de la part du gouvernement du Québec.

Pourtant, la première priorité dans ce dossier ne consiste-t-elle pas à répondre adéquatement aux besoins de la population? Au contraire, nous assistons à une campagne bien orchestrée par les élites médicales et le milieu des affaires en vue de construire un monument à leur image.

Une donnée importante échappe à ce débat: l'opinion publique. Contrairement au projet de l'université McGill, la population est tenue à l'écart du dossier. Les promoteurs du projet McGill ont bien pris soin de mettre en place une structure de consultation publique ayant permis d'obtenir une diversité d'opinions et de dégager un consensus sur l'orientation à donner au projet. Les promoteurs du CHUM, de leur côté, consacrent toutes leurs énergies aux luttes de pouvoir et aux jeux de coulisses. La population doit se contenter d'observer ce triste spectacle.

La question qui se pose à ce stade-ci est la suivante: comment se fait-il que la communauté anglophone joue à plein le processus démocratique et que, du côté francophone, on réserve la discussion à un petit groupe de gens qui ne visent qu'à promouvoir leurs intérêts?

Autre question: étant donné que les deniers publics vont en grande partie financer le projet du CHUM, ne serait-il pas normal, voire obligatoire, que la population ait son mot à dire autant sur sa pertinence que, surtout, sur les priorités en matière de soins de santé?