Lettres: Le rôle de l'ONF

Dans l'article intitulé «La réalisation d'un grand rêve», article signé par Martin Bilodeau et publié le samedi 11 décembre, on mentionne que l'ONF n'est qu'une maison de services depuis l'an dernier, quand les postes de dix cinéastes «permanents» ont été coupés.

Cette affirmation est absolument fausse et ne tient aucunement compte de la réalité actuelle à l'ONF. Oui, l'année dernière, nous avons mis fin à la permanence d'emploi pour les dix cinéastes permanents au Programme français. Mais loin d'avoir été prise dans l'intention de devenir une maison de services, cette décision visait plutôt à ouvrir les portes de l'organisme à la relève et à des cinéastes de l'extérieur qui veulent faire du cinéma responsable et engagé.

Ce renouvellement nécessaire confirme le rôle unique de l'ONF en tant que producteur et distributeur public. Il fait en sorte que tous ceux et celles qui réalisent un projet à l'ONF disposent du même niveau exceptionnel de soutien à la recherche, à la scénarisation, à la production et à la diffusion de leur oeuvre.

Tel que mentionné par la cinéaste Tahani Rached, l'ONF a été pour elle un lieu privilégié de création. Il le demeure pour tous les cinéastes qui viennent réaliser leurs films chez nous. À preuve, le documentaire Ce qu'il reste de nous, de François Prévost et Hugo Latulippe, ou Zéro Tolérance, de Mishka Saäl, ou Médecine sous influence, de Lina B. Moreco, n'auraient probablement pas pu être produits ailleurs. Surveillez de près la sortie de 578 fois la vie, de Céline Baril, vous comprendrez que ces films correspondent en tous points au mandat de l'ONF de produire des documents de réflexion sur les grands enjeux sociaux ou politiques. Et la réponse du public québécois est éloquente: Ce qu'il reste de nous a réussi à cumuler cette année le plus de recettes au guichet pour un documentaire au Québec.

À l'ONF, les cinéastes expérimentés comme ceux de la relève peuvent pratiquer leur art dans un milieu de création unique en son genre. Ce n'est pas une maison de services, mais un lieu où l'encadrement de production permet aux cinéastes de se réaliser pleinement. La semaine dernière, le commissaire Jacques Bensimon et le Programme français ont été honorés comme personnalité de l'année - cinéma dans CinéTVmultimédia. Ce genre de reconnaissance du milieu n'irait pas à une boîte de services.