Camille Laurin, un géant du Québec moderne

Camille Laurin en avril 1977
Photo: Louise Bidault Archives La Presse canadienne Camille Laurin en avril 1977

Il y a cent ans, jour pour jour, est né à Charlemagne un homme dont l’immense contribution allait influencer l’histoire du Québec. Cet homme exceptionnel s’est d’abord illustré en tant que psychiatre de talent, puis à titre de politicien humain et engagé.

Figure marquante du Québec moderne, Camille Laurin a accompli énormément en matière de protection et de valorisation du français. C’est à lui que nous devons la Charte de la langue française, adoptée en 1977. Ce texte législatif structurant a contribué à définir les fondements de tout un peuple. De notre Québec français.

« Langue distinctive d’un peuple majoritairement francophone, la langue française permet au peuple québécois d’exprimer son identité. » C’est sur ces mots inspirants que s’ouvre la Charte de la langue française. Camille Laurin a parfaitement saisi l’importance pour la nation québécoise de se définir, de s’exprimer, de se distinguer et de s’unir autour de notre langue commune.

Grâce à la conviction profonde et à la force persuasive de M. Laurin, le Québec a agi pour protéger la langue française, héritage de nos ancêtres, nous permettant aujourd’hui de nous affirmer, d’exister et de grandir en tant que nation francophone au sein d’une Amérique du Nord majoritairement anglophone. Il n’y a pas de meilleure façon de décrire l’importance de la loi 101 pour la nation québécoise que celle du sociologue Guy Rocher. Celui-ci affirme, à juste titre, que la loi 101 est une « loi de la dignité québécoise ». Cette dignité, Camille Laurin l’incarne encore. Nous avons un devoir de mémoire à son égard. Rappelons d’ailleurs que le siège de l’Office québécois de la langue française porte fièrement son nom.

Cent ans après la naissance de cet illustre homme d’État et à quelques mois du 45e anniversaire de la Charte de la langue française, il est important de prendre l’engagement solennel de maintenir une action de tous les instants pour valoriser et promouvoir notre langue nationale. Le flambeau de la langue française n’appartient pas uniquement à l’État, mais à nous tous, individuellement et collectivement.

Cette nation que le docteur Laurin aura aimée de toutes ses forces poursuit son parcours unique — et exceptionnel — en Amérique. Camille Laurin nous aura donné le goût de nous tenir debout et de continuer notre marche vers un Québec de tous les possibles.

Nous lui devons beaucoup. Et nous nous souviendrons.

* Ont aussi signé ce texte : Nathalie Roy (ministre responsable de la Langue française de 2018 à 2019), Marie Montpetit (ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française de 2017 à 2018), Luc Fortin (ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française de 2016 à 2017), Hélène David (ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française de 2014 à 2016), Diane De Courcy (ministre responsable de la Charte de la langue française de 2012 à 2014), Christine St-Pierre (ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française de 2007 à 2012), Line Beauchamp (ministre responsable de l’Application de la Charte de la langue française de 2003 à 2007), Diane Lemieux (ministre responsable de la Charte de la langue française de 2001 à 2003), Louise Beaudoin (ministre responsable de la Charte de la langue française de 1995 à 2001), Rita Dionne-Marsolais (ministre responsable de la Charte de la langue française de 1994 à 1995), Marie Malavoy (ministre responsable de la Charte de la langue française en 1994) et Jacques Chagnon (ministre responsable de l’Application de la Charte de la langue française en 1994).

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