Des solutions existent pour financer le transport en commun

Dans les villes du Québec, les places de stationnement sur rue représentent des frais puisqu’elles occupent l’espace public et nécessitent de l’entretien, rapporte l'auteur.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Dans les villes du Québec, les places de stationnement sur rue représentent des frais puisqu’elles occupent l’espace public et nécessitent de l’entretien, rapporte l'auteur.

Le financement du transport en commun se dirige vers un mur. Les revenus provenant de la taxe sur l’essence risquent de diminuer avec l’électrification des transports. La crise climatique commande aussi une plus grande offre de transport collectif, car celui-ci contribue à diminuer les gaz à effet de serre. La situation est pressante, étant donné que le parc automobile est en constante augmentation. De même, on apprenait dernièrement que la Société de transport de Montréal comptait un manque à gagner de 43 millions de dollars et que celle-ci devait trouver de nouvelles sources de revenus. En 2019, un autre rapport nous apprenait que le coût de l’implantation du tarif réduit aux ménages à faible revenu de l’île de Montréal, une mesure essentielle, coûterait plus de 30 millions de dollars.

Tout le monde profite du transport en commun. Celui-ci réduit la demande en stationnement et la congestion routière. La Communauté métropolitaine de Montréal affirme que les coûts de la congestion routière étaient de 4,2 milliards de dollars en 2018.

De même, il y a un appui de la population aux investissements en transport collectif. En 2019, un sondage de la firme CROP indiquait que « 68 % des résidents de la grande région de Montréal estiment que des investissements dans le transport collectif sont la solution à la congestion routière ainsi qu’à la réduction des temps de déplacement et des émissions de GES ».

Une tarification à étendre

Dans les villes du Québec, les places de stationnement sur rue représentent des frais puisqu’elles occupent l’espace public et nécessitent de l’entretien. Le fait que leurs utilisateurs ne paient pas pour les utiliser représente une injustice pour les contribuables qui doivent stationner leur voiture sur leur propre terrain puisque ceux-ci paient des taxes foncières et des frais d’entretien (ex. : déneigement) sur l’espace de leur terrain consacré au stationnement. Dans la région métropolitaine de Montréal, le prix médian d’acquisition d’une place de stationnement était situé à 28 168 $. Ce prix ne compte pas les taxes foncières et l’entretien. Seulement à Montréal, il y a entre 475 000 et 515 000 places de stationnement sur rue et 90 % n’étaient pas tarifées par vignette ou par parcomètre en 2016. Ne serait-il pas temps de tarifer ces places pour une meilleure justice et d’en profiter pour créer une nouvelle source de financement pour le transport en commun ?

De même, ne serait-il pas une bonne idée de taxer les stationnements hors rue ? En 2016, l’île de Montréal pouvait compter sur au moins 470 000 places de stationnement de ce type. Celle-ci en taxe déjà une partie à l’aide de la taxe sur les parcs de stationnement.

Certains seraient tentés d’affirmer que cette source de financement pourrait être menacée par le fait qu’un important transfert modal se produit, ce qui ferait diminuer le financement et nous ramènerait au même problème. Or, cette logique aurait comme effet d’empêcher l’implantation de toute mesure d’écofiscalité. De plus, le fait que de nombreux stationnements ne soient plus utilisés n’est que bénéfique puisque ceux-ci pourraient être reconvertis en îlots de verdure ou être utilisés pour construire des bâtiments.

Ce texte aurait également pu citer d’autres sources de financement, telles que la taxe sur la recharge des voitures électriques ou une taxe sur la masse salariale des entreprises. Peu importe la source, il demeure urgent d’agir le plus vite possible afin de répondre aux besoins.

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