L’Alliance franco-amérindienne de Tadoussac, un mythe fondateur

Aquarelle intitulée «Champlain en canot indien, 1603», réalisée par John Henry de Rinzy entre 1897 et 1930. 
Photo: Bibliothèque et Archives Canada Aquarelle intitulée «Champlain en canot indien, 1603», réalisée par John Henry de Rinzy entre 1897 et 1930. 

Quand on recherche les mythes fondateurs du Québec d’aujourd’hui, il est certain, comme l’écrit l’historien Gérard Bouchard, que les patriotes représentent un tel moment. Toutefois, ce serait s’amputer d’au moins deux siècles de notre existence en terre d’Amérique que de faire débuter cette recherche historique des mythes fondateurs à partir de la première moitié du XIXe siècle.

Il est important de rappeler, entre autres, que l’implantation des Français en terre d’Amérique s’est réalisée dans un esprit d’alliance avec les peuples amérindiens. Une expédition commandée par le navigateur François Gravé du Pont, à laquelle le cartographe Samuel de Champlain participait, est arrivée à Tadoussac à la fin de mai 1603 au moment où s’y tenait une grande tabagie (festivités) réunissant des peuples algonquiens : Montagnais-Innus et le chef Anadabijou, Algonquins de l’Outaouais et le chef Tessouat, ainsi qu’Etchemins. Cette expédition était porteuse d’une proposition royale d’alliance de la France. Cette proposition fut entérinée, et le grand chef Anadabijou a convié les Français à venir peupler leurs terres et à les aider à combattre leurs traditionnels ennemis iroquois.

Ce pacte d’alliance diplomatique, tenu selon les coutumes amérindiennes en mai 1603 à Tadoussac, doit être considéré et célébré comme un mythe fondateur de la Nouvelle-France, comme un moment, comme une réalisation d’une très grande importance qui s’inscrit dans l’histoire complexe qui a mené à la naissance du Québec d’aujourd’hui.

Sans cet événement fondateur, une colonisation française permanente n’aurait peut-être pas été possible ultérieurement. C’est ainsi que les Québécois d’aujourd’hui sont installés sur un territoire qu’ils ont été invités à partager dès 1603. Il ne s’agit pas d’un territoire conquis à l’origine par les armes ou d’un territoire que les Amérindiens ont été contraints de céder et de quitter au XVIIe siècle.

À voir en vidéo