Migration interrégionale

«En matière de croissance démographique, les projections prévoient que la population de la région métropolitaine de Montréal passera de 4,1 millions d’habitants, en 2021, à plus de 4,6 millions d’habitants en 2041», écrit Valérie Plante.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «En matière de croissance démographique, les projections prévoient que la population de la région métropolitaine de Montréal passera de 4,1 millions d’habitants, en 2021, à plus de 4,6 millions d’habitants en 2041», écrit Valérie Plante.

La pandémie a accéléré les migrations interrégionales dans plusieurs grandes villes d’Amérique du Nord, et la métropole est également concernée. À la lumière des dernières données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur les migrations interrégionales, il importe de présenter la perspective de la communauté métropolitaine de Montréal. Afin de freiner l’étalement urbain, plusieurs actions sont identifiées pour répondre aux défis de la croissance démographique, de l’immigration, et pour mettre en place des règles d’aménagement communes, permettant d’améliorer l’offre en logement social et abordable, qui est essentielle pour continuer de conserver les ménages dans la région métropolitaine.

La croissance démographique et l’immigration

En matière de croissance démographique, les projections prévoient que la population de la région métropolitaine de Montréal passera de 4,1 millions d’habitants, en 2021, à plus de 4,6 millions d’habitants en 2041. Chaque secteur de la CMM, y compris l’île de Montréal, devrait voir sa population augmenter.

En dépit des gains et des pertes démographiques vécus par chacune des villes qui en font partie, la population du Grand Montréal continue globalement d’augmenter. En effet, grâce à une économie résiliente et florissante ainsi qu’à une qualité de vie enviable, la région métropolitaine demeure très attractive à l’échelle internationale. Avant la pandémie, le Grand Montréal était d’ailleurs le cinquième pôle d’immigration en Amérique du Nord.

Depuis plusieurs années, le principal facteur d’accroissement démographique du Grand Montréal est l’immigration internationale. La pandémie a malheureusement eu un impact direct sur le nombre d’immigrants accueillis dans la région, qui a grandement diminué, principalement en raison de la fermeture des frontières.

Il s’agit là d’une situation exceptionnelle et temporaire. D’ailleurs, les dernières projections de l’ISQ prévoient un retour à la croissance pour 2021-2022, grâce à la reprise de l’immigration internationale.

En matière d’immigration, nous devons, avec le gouvernement du Québec, poursuivre nos efforts pour faciliter l’accueil des nouveaux arrivants. Pas moins de 85 % de celles et ceux qui viennent s’établir au Québec choisissent la région métropolitaine de Montréal. Ils apportent une contribution fondamentale au dynamisme de notre société et une réponse essentielle aux besoins criants en matière de main-d’œuvre.

Des règles d’aménagement communes pour freiner l’étalement urbain

Les efforts des municipalités de la CMM pour freiner l’étalement urbain sont bien connus . Elles se densifient, favorisent l’utilisation des transports actifs et collectifs et protègent les milieux naturels. En seulement neuf ans, Montréal, Laval, Longueuil et la grande majorité des municipalités régionales de comté (MRC) de la CMM ont déjà atteint les cibles de densité qui étaient visées par le PMAD pour 2031.

La croissance démographique des régions limitrophes de la région métropolitaine provient essentiellement des villes de la CMM. Afin d’être équitable, la prochaine Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire devrait prévoir des règles d’aménagement similaires à celles qui s’appliquent à la CMM pour les municipalités en périphérie du Grand Montréal, afin de freiner l’étalement urbain.

Le logement abordable et social

C’est indéniable, l’aménagement et l’habitation sont indissociables. L’offre très restreinte en matière de logements que nous connaissons entraîne une augmentation des prix. Plusieurs ménages ont ainsi de la difficulté à se loger, et ce, dans l’ensemble de la CMM.

C’est pourquoi la CMM vient d’adopter une déclaration sur l’abordabilité du logement qui demande au gouvernement du Québec d’agir pour faciliter l’accession à la propriété et augmenter l’offre de logements sociaux et abordables. Au bas mot, 3 000 logements sociaux et 9 000 logements abordables doivent être construits chaque année dans la CMM pour permettre aux ménages de se loger en respectant leur portefeuille.

Le gouvernement du Québec doit annoncer prochainement de nouveaux programmes d’habitation sociale et abordable. Les budgets qui y seront consacrés devront être à la hauteur des besoins de la CMM.

Travailler ensemble à l’échelle métropolitaine

La mobilité résidentielle dans une région métropolitaine comme la nôtre est un phénomène normal et universel. Toronto et Vancouver y sont aussi soumis. Dans le Grand Montréal, nous nous sommes dotés d’objectifs communs, et les 82 villes travaillent toutes, dans le cadre du PMAD, à améliorer leur cadre de vie et à offrir une diversité de logements qui répond aux besoins de la population.

Nous devons travailler ensemble pour un Grand Montréal durable. Les prochaines politiques du gouvernement du Québec et son budget 2022-2023 devront prévoir des mesures pour nous aider à traverser la pandémie, continuer de renforcer notre attractivité et notre compétitivité, assurer un toit pour tous et ainsi, contribuer à freiner l’étalement urbain.

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