Mieux promouvoir la santé et la prévention

«Il est temps de nous sortir du trou sans fond créé par un système
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Il est temps de nous sortir du trou sans fond créé par un système "panse bobo" et d’adopter une attitude proactive en matière de santé ainsi que d’entamer une vaste transition vers un système qui se base sur la prévention», écrit l'auteur.

On entame à peine 2022 et ce qui est encore à la une : vaccination, mesures sanitaires, confinement, couvre-feu. Le système de santé du Québec rappelle le Titanic. Certes, les sujets précédemment mentionnés ont un rôle important à jouer dans l’endiguement de la pandémie, mais je suis aujourd’hui déçu que, pas une fois lors des nombreuses conférences de presse, notre gouvernement n’ait fait mention de quelque intention que ce soit de s’appuyer sur la promotion de la santé et la prévention pour donner de l’air à nos travailleurs essentiels, qui n’en ont que trop besoin.

À plusieurs reprises, vous avez pu constater, comme moi, parmi les avalanches de statistiques qu’on nous présente, qu’un très grand nombre de décès et d’hospitalisations depuis le début de la pandémie concernent des gens présentant des comorbidités. Dans celles couramment mentionnées, il y a l’obésité, l’hypertension, le diabète de type II, la dyslipidémie et l’hypercholestérolémie qui reviennent plus souvent qu’à leur tour. Aux côtés des problèmes de santé mentale et des maladies inflammatoires chroniques, ces pathologies forcent la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) à dépenser chaque année des milliards de dollars en médicaments et traitements pharmaceutiques pour des pathologies qui, on le sait depuis maintenant plus de 20 ans, peuvent souvent être contrôlées par l’adoption de saines habitudes de vie.

Je ne m’explique toujours pas pourquoi on ne dispose d’aucun programme de soutien financier pour l’adoption d’un mode de vie actif ou d’une alimentation saine (mis à part des consultations avec des nutritionnistes), d’accès à des ressources pour la gestion du stress et de l’hygiène du sommeil. Pas de crédit d’impôt pour l’achat de matériel ou l’adhésion à des activités physiques, pas de programmes gouvernementaux ou de subventions pour soutenir un meilleur accès aux aliments de qualité quand, en 2022, les plats préparés, les boissons gazeuses et la malbouffe sont encore plus accessibles que les aliments non transformés.

À aucun instant on ne parle de s’appuyer sur les kinésiologues, les massothérapeutes, les acupuncteurs, les naturopathes, les entraîneurs personnels, les coachs divers, les ostéopathes, ainsi que plusieurs autres professionnels de la santé que j’oublie, pour tenter de collaborer en interdisciplinaire avec les médecins, les infirmières, les préposés aux bénéficiaires, les nutritionnistes, les psychologues et les travailleurs sociaux, qui n’en peuvent plus. Pas de soutien de la RAMQ pour l’accès à des services parallèles ou d’encadrement pour aider les gens dans leur adoption d’un nouveau style de vie.

Il est temps de nous sortir du trou sans fond créé par un système « panse bobo » et d’adopter une attitude proactive en matière de santé ainsi que d’entamer une vaste transition vers un système qui se base sur la prévention. Je parle ici de créer des groupes de concertation avec des professionnels de TOUTES les sphères de la santé dans le but de tirer profit des forces de tous et toutes.

Bien sûr, nous aurons toujours besoin d’interventions chirurgicales, de vaccins et de médicaments. Cependant, il est impératif d’augmenter graduellement l’apport du préventif afin de diminuer les besoins extrêmement coûteux d’un système dysfonctionnel qui se concentre uniquement sur le curatif. Je vous l’accorde, il faudra certainement y consacrer des moyens pour y arriver, mais il faut voir ça comme un investissement.

Mon rêve est que notre nation choisisse de devenir un leader mondial en matière de prévention en santé. Le Québec aurait là une occasion en or de se démarquer positivement.

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