Les écoles doivent rouvrir le 17 janvier

«L’éducation est un besoin essentiel des enfants et elle doit être une priorité», écrit l'autrice. 
Photo: Renaud Philippe Le Devoir «L’éducation est un besoin essentiel des enfants et elle doit être une priorité», écrit l'autrice. 

En tant que pédiatres et médecins travaillant auprès des enfants et des adolescents, qui malheureusement n’ont ni le droit de vote ni syndicat pour les défendre, nous sentions le devoir d’être leurs porte-parole. Nous sommes plusieurs à nous inquiéter de l’impact de la fermeture des écoles sur leur bien-être, et ce, pour une troisième année d’affilée. Il est impératif que cette fermeture prenne fin le 17 janvier, au plus tard.

L’éducation est un besoin essentiel des enfants et elle doit être une priorité. Il est bien démontré que la qualité de l’enseignement à distance n’est pas comparable à celle en présentiel, et que les retards d’apprentissage s’accumulent. Les impacts négatifs de la fermeture des écoles (même temporaire) sont à plusieurs niveaux : apprentissages, alimentation, décrochage scolaire, dépendance aux écrans et nombreux problèmes de santé physique et mentale. Actuellement, les mesures prises pour contrôler la propagation du virus apparaissent plus dommageables pour les enfants que le virus lui-même.

Sur le plan épidémiologique, les données montrent que la fermeture des écoles pendant les autres vagues de la pandémie a été une stratégie inefficace. Des études menées à des endroits où les écoles sont restées ouvertes depuis mai 2020 montrent que les cas de COVID-19 dans les écoles reflètent les cas dans la communauté, mais qu’il y a peu de transmission à l’intérieur des écoles. Les écoles représentent des milieux contrôlés sécuritaires où des mesures sanitaires sont en place. De plus, les enseignants n’étaient pas plus susceptibles que les autres adultes de la société d’attraper la COVID-19.

Une augmentation des hospitalisations chez les enfants liées à la COVID-19 a récemment été annoncée. Concrètement, cela représente une cinquantaine d’enfants dans toute la province. Les enfants hospitalisés sont peu malades, souvent admis pour d’autres raisons et leur hospitalisation est pour la plupart de courte durée. Des données récentes permettent de constater que le risque d’hospitalisation lié au variant Omicron est plus faible qu’avec le variant Delta, tant chez les enfants que chez les adultes. Il est important de noter que les enfants sont régulièrement victimes d’infections virales qui les atteignent beaucoup plus sévèrement que la COVID-19.

De plus, la 5e vague arrive au moment où le taux de vaccination chez les 12 ans et plus est de 89,6 %. La proportion des enseignants et des populations vulnérables adéquatement vaccinées s’élève à plus de 95 %. On devrait actuellement rassurer les enseignants sur l’efficacité vaccinale, ainsi que les encourager à se procurer leur troisième dose. Même avec deux doses de vaccin, nous avons une protection partielle contre l’infection, mais une très bonne protection contre les formes sévères du virus.

En ce qui concerne les enfants et leurs familles, le point de rupture est atteint. Prendre les enfants en otage en hypothéquant leur avenir ne devrait pas être une option. Monsieur Legault, il est temps de montrer à la population que l’éducation est réellement une priorité en rouvrant nos écoles le 17 janvier, et que ce soit la dernière fois que la fermeture des écoles soit envisagée.

* Cette lettre est appuyée par plus de 100 signataires.

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