Comment comprendre la valeur des influenceurs

La présence de ces nouveaux « influenceurs » dans l’espace public s’explique simplement par la popularité des émissions de téléréalité et par l’intérêt qu’ont monsieur et madame Tout-le-monde à continuer à suivre les participants en dehors du petit écran, explique Mme Brouillard. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présence de ces nouveaux « influenceurs » dans l’espace public s’explique simplement par la popularité des émissions de téléréalité et par l’intérêt qu’ont monsieur et madame Tout-le-monde à continuer à suivre les participants en dehors du petit écran, explique Mme Brouillard. 

On veut tous savoir qui sont les fameux « influenceurs » qui défraient la chronique pour leurs frasques en plein vol. Pendant qu’on cherche leur identité à tout prix et qu’on les attend de pied ferme à Montréal, pourquoi ne pas en profiter pour revoir et éclaircir le concept des « influenceurs », pour essayer de mieux le comprendre.

Dans l’histoire en question, les « influenceurs » sont pour la plupart de jeunes adultes ayant participé à des émissions de téléréalité québécoises, ce qui leur procure, pendant et surtout après l’aventure, une base « d’abonnés » importante sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Instagram et maintenant TikTok. Celle-ci est constituée majoritairement de l’auditoire de l’émission qui souhaite suivre les participants dans leur quotidien et, bien sûr, de plusieurs curieux.

La présence de ces nouveaux « influenceurs » dans l’espace public s’explique simplement par la popularité des émissions de téléréalité et par l’intérêt qu’ont monsieur et madame Tout-le-monde à continuer à suivre les participants en dehors du petit écran, après leurs aventures.

En jouissant de la visibilité à grande échelle qu’offrent ces émissions au Québec, les participants font soudainement partie du paysage du showbiz québécois et deviennent naturellement ce qu’on appelle des « influenceurs », en raison de leur statut rapide de visage connu ayant un « profil actif, au nombre d’abonnés en grande croissance » sur les réseaux sociaux.

Ayant centralisé l’intérêt de dizaines et souvent de centaines de milliers de personnes sur leur profil en ligne, ces « nouvelles vedettes » peuvent ensuite utiliser leurs plateformes de réseaux sociaux pour interagir avec une large communauté.

Au-delà de l’interaction organique, l’influenceur peut choisir de monétiser son nouveau pouvoir, soit son influence, auprès du public qui le suit en acceptant des collaborations rémunérées pour créer du contenu ou passer certains messages publicitaires.

Différencier les influenceurs

Aujourd’hui, on utilise malheureusement à tort et à travers le terme « influenceur ». Ici, il définit un personnage public dont le nombre élevé d’abonnés cumulé sur les plateformes sociales lui permet de « profiter » de sa communauté et de la « vendre » à des entreprises qui souhaitent viser un public précis et lui passer des messages publicitaires (services, produits, etc.). Certains influenceurs vont plutôt démarrer leur propre compagnie de produits ou de services et vont viser leur propre communauté engagée comme public cible.

Il existe bien sûr plusieurs types d’influenceurs, dont la pertinence varie largement selon de nombreux critères : leur métier d’origine, l’originalité dans la création de leur contenu, le ton et le rythme utilisés, la fréquence des publications, le type de conversation entretenue avec la communauté, la sélection des collaborations selon les intérêts, les valeurs et l’expertise de l’influenceur et de sa communauté, etc.

Les influenceurs « saisonniers », qui apparaissent dès que les saisons télévisuelles se terminent, se succèdent annuellement et deviennent hyperprésents quelques mois avant, pour la plupart, de tomber dans l’oubli.

Parmi ceux-là, ceux qui restent actifs et crédibles auprès de leur communauté, ceux qui se trouvent une niche particulière, lancent des projets en parallèle, où leur singularité et leurs intérêts personnels sont mis à profit par exemple, vont potentiellement développer une communauté plus riche, intéressée et engagée qui survivra dans le temps.

Certains de ces derniers pourront éventuellement vivre, de façon permanente ou temporaire, de leur « influence ». Ils délaisseront alors l’appellation « influenceur » et deviendront de véritables créateurs de contenu. Rigueur, transparence, éthique deviennent alors essentielles pour assurer le développement de collaborations pertinentes et créatives avec des marques et faire de son influence un métier.

Cela étant dit, on peut maintenant plus facilement départager les types d’influenceurs ou de créateurs de contenu qui se succèdent dans notre feed et plus récemment dans les médias.

Après les déboires de certains, c’est l’occasion de se questionner. Comment bien choisir ce qu’on consomme ? Pourquoi encourager certains contenus ? Et surtout de choisir : à qui souhaitons-nous donner la parole sur nos plateformes sociales ? Qu’on les aime ou non, les réseaux sociaux sont là pour de bon et le concept de l’influence aussi, alors participons-y positivement et activement pour en faire un lieu enrichissant, amusant et bienveillant pour tous.

Nous sommes le moteur de ces outils, c’est à nous d’en faire la meilleure utilisation possible et de leur donner (ou de leur enlever) leur crédibilité.

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