Un peu de courage, que diable!

«À défaut d’imposer la vaccination, la preuve vaccinale, combinée avec les mesures fondamentales de protection, soit le masque, la distanciation, le lavage de mains et l’aération, est la meilleure arme pour lutter contre la pandémie», écrit l'auteur.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «À défaut d’imposer la vaccination, la preuve vaccinale, combinée avec les mesures fondamentales de protection, soit le masque, la distanciation, le lavage de mains et l’aération, est la meilleure arme pour lutter contre la pandémie», écrit l'auteur.

Lettre ouverte au premier ministre François Legault

Je pense m’exprimer au nom d’une majorité de Québécoises et de Québécois en disant que la population est sur les genoux, incapable de subir des restrictions pendant encore des semaines, voire des mois.

Le 2 janvier était le premier de trois dimanches avec une fermeture prévue de tous les commerces sauf les pharmacies, les dépanneurs et les stations-service. Cette mesure est inutile, car le virus causant la COVID-19 n’est pas plus dangereux le dimanche qu’un autre jour. Par contre, elle engendre inutilement une atmosphère de crise préjudiciable au moral, déjà mal en point, de la population.

Quant au couvre-feu, prenant effet à 22 heures, il n’a certes aucun impact fonctionnel pour la vaste majorité de la population. Cependant, sur le plan symbolique, il engendre lui aussi une atmosphère de crise sans gain sur le plan sanitaire. En effet, à ce jour, aucune preuve scientifique n’a démontré l’efficacité d’un couvre-feu pour ralentir la propagation du virus causant la COVID-19, où que ce soit sur la planète. Ce sont uniquement les limites imposées aux rassemblements et à la promiscuité qui ralentissent la propagation du virus. En fait, la seule utilité du couvre-feu est de simplifier le travail des forces de l’ordre ; avec un couvre-feu, celles-ci n’ont qu’à gérer les exceptions, c’est-à-dire verbaliser les contrevenants, plutôt que de gérer les rassemblements.

Après presque deux années de privations, un couvre-feu ou des fermetures généralisés ne sont plus justifiables sur le plan scientifique, s’ils l’ont déjà été. Une chose est certaine : ils ne sont ni tolérables ni acceptables pour la population, surtout quand une autre solution existe déjà.

Le Québec, comme d’autres provinces et d’autres pays, a mis sur pied un excellent système de preuve vaccinale validée par un code QR qui préserve en principe la validité de cette preuve et la confidentialité des données qui y sont liées. Celle-ci fonctionne très bien dans tous les endroits où elle a été exigée.

Il ne tient qu’à vous d’avoir le courage politique de rendre obligatoire la présentation de cette preuve vaccinale et d’une pièce d’identité pour entrer dans n’importe quel lieu public intérieur, et comme dans d’autres pays comme la France, dans certains lieux publics extérieurs, lorsqu’une distanciation de deux mètres est impossible à cause de la densité des participants.

À défaut d’imposer la vaccination, la preuve vaccinale, combinée avec les mesures fondamentales de protection, soit le masque, la distanciation, le lavage de mains et l’aération, est la meilleure arme pour lutter contre la pandémie.

Il est faux de croire qu’exiger la présentation d’une preuve vaccinale nécessite l’imposition de l’obligation d’être vacciné ; ce sont là deux choses distinctes. En outre, des solutions existent pour permettre aux non-vaccinés d’avoir accès à tous les produits et services essentiels.

Vous avez, Monsieur le Premier Ministre, la lourde responsabilité et l’obligation légale et morale de veiller à la santé mentale de vos commettants tout autant qu’à leur santé physique. Un peu de courage, que diable !

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