La loi 21 n’est ni raciste ni antimusulmane

«L’interdiction des signes religieux pour les agents de l’État ou du voile intégral dans les organismes publics n’est d’aucune façon une manifestation antimusulmane», écrit l'auteur.
Photo: Judith Flacke Getty Images «L’interdiction des signes religieux pour les agents de l’État ou du voile intégral dans les organismes publics n’est d’aucune façon une manifestation antimusulmane», écrit l'auteur.

La croisade contre la Loi québécoise sur la laïcité de l’État (loi 21) est repartie de plus belle. Qu’a donc fait le Québec pour être la cible d’une telle campagne de dénigrement ?

Le ministère de l’Éducation de l’Ontario a récemment financé la publication d’une capsule vidéo qui associe cette loi à un acte « islamophobe ».

Une production réalisée par l’Association musulmane du Canada, bien connue pour ses orientations intégristes. Thomas Mulcair est venu à sa rescousse en parlant d’une loi discriminatoire et islamophobe.

Le coup monté de la CSEM a suivi, consistant à transformer en « victime » une remplaçante voilée, délibérément engagée deux ans après l’adoption de la loi québécoise.

Hostilité à l’endroit du Québec

Andrea Horwath, cheffe du NPD ontarien, a pris la défense de la jeune éprouvée : « Quebec’s Bill 21 is xenophobic, wrong and empowers the rising tide of hate in all our communities », a-t-elle écrit. « It makes all Canadian less free, safe and welcome. » Pour le Toronto Star, cette loi s’apparente à de l’abomination ! Bob Rae, ex-chef du NPD et ambassadeur du Canada l’ONU, a enfin ajouté son grain de sel tandis que Justin Trudeau et son ministre Marc Miller montent le ton en fourbissant leurs armes.

L’interdiction des signes religieux pour les agents de l’État ou du voile intégral dans les organismes publics n’est d’aucune façon une manifestation antimusulmane. Le port du voile n’est d’ailleurs pas une prescription coranique. Le port du niqab ou de la burqa encore moins.

D’ailleurs, un petit tour d’horizon du côté de quelques pays musulmans ou européens fait ressortir le caractère outrageux de cette hostilité manifestée à l’endroit du Québec.

L’Algérie, dont le code de la famille est basé sur la charia, interdit elle-même depuis 2004 le port de signes religieux aux agents des douanes et autres agents de l’État en situation d’autorité, soit ceux des services de sécurité, de la police, la gendarmerie et l’armée. Le port du voile intégral y est aussi proscrit pour les enseignantes. Qui plus est, la compagnie Air Algérie interdit aux agentes de bord de porter le voile islamique pour ne pas indisposer les passagers. L’Algérie nourrirait-elle une haine contre l’islam ?

Le Canada anglais, les ténors libéraux et néodémocrates n’en sont pas à leur première charge contre la volonté laïque des Québécois.

En 2015, à la veille du rendez-vous électoral fédéral, ils défendaient obstinément le port du voile intégral à l’occasion de la cérémonie d’octroi de la citoyenneté et de l’exercice du droit de vote, alors même que 95 % des Québécois s’y opposaient.

Ce signe ostentatoire, disait-on à Ottawa, était l’expression d’une ferveur religieuse affichée en toute liberté, en occultant qu’il s’avère être un symbole d’asservissement pour les femmes, une prison vestimentaire prônée de facto par des idéologies politico-religieuses oppressives, dont celles des Frères musulmans, des mouvements salafistes et des courants intégristes iraniens.

Des États démocratiques

 

Les Européens sont conscients de ces dérives islamistes, puisqu’ils en ont payé le prix. La Belgique (2011), la France (2011), la Bulgarie (2016), l’Autriche (2017) et le Danemark (2018) ont même banni le voile intégral de l’espace public.

L’Allemagne, pourtant multiculturaliste, l’interdit pour les agents de l’État et des services publics ; elle le proscrit également lorsque la communication l’exige, dans les écoles notamment. Aux Pays-Bas en 2016, par un vote de 132 députés sur 150, la Seconde Chambre a interdit le voile intégral dans certains lieux publics comme les écoles, les hôpitaux et les transports en commun. Tous ces pays sont régis par des États démocratiques. Ils ne sont pas non plus conspués par les cours de justice de l’Union européenne.

Racisme

 

Par ailleurs, en 2017, le Maroc a interdit la production et la distribution de la burqa. En avril 2019, le Sri Lanka a également proclamé l’interdiction du voile intégral islamique (niqab et burqa) dans le pays à la suite de l’attentat de Pâques perpétré par l’État islamique qui a causé la mort de 253 personnes. Seraient-ce là de terribles décisions islamophobes ?

Être antimusulman, antisémite, antichrétien, anti-arabe, anti-Noir ou anti-Asiatique, tout cela relève du racisme. Rejeter les dogmes des intégrismes religieux et séparer la religion de l’État, cela relève de la démocratie et de la protection de la liberté de conscience de tous et toutes, y compris celle des enfants. La loi 21 n’est donc pas antimusulmane.

C’est pourquoi le gouvernement fédéral doit se retirer du processus de contestation judiciaire de la loi québécoise et cesser tout financement des groupes qui cherchent à l’anéantir.

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