Protéger ceux qui nous protègent

«À notre tour d’agir bravement, car protéger ceux qui nous protègent, c’est plus qu’un simple devoir: c’est une responsabilité collective que nous devons tous assumer», écrit l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «À notre tour d’agir bravement, car protéger ceux qui nous protègent, c’est plus qu’un simple devoir: c’est une responsabilité collective que nous devons tous assumer», écrit l'auteur.

Sur les réseaux sociaux, les travailleurs de la santé sont la cible d’actes d’intimidation et de violence de plus en plus inquiétants. Cette cyberintimidation a même pris des proportions insoupçonnées dans les derniers mois. On parle de racisme, d’antisémitisme, de misogynie, de menaces troublantes d’agressions physiques et même des menaces de mort. Même si cette vague de haine qui déferle est portée par une infime partie de la société, une minorité dirait-on, elle progresse, elle gagne du terrain et elle sème l’inquiétude, l’angoisse et même la peur chez les personnes qui nous protègent au quotidien.

De plus, ces mêmes professionnels de la santé sont exposés au harcèlement sur leurs lieux de travail. À la fin de l’été, on a signalé des démonstrations de plus en plus virulentes où des gens bloquaient l’accès aux soins pour les patients, insultaient les travailleurs, allant même jusqu’à les menacer physiquement.

Il faut agir… et vite

Nous ne pouvons plus faire mine d’ignorer ces travers. Nous ne pouvons pas laisser les agissements déplorables de certaines personnes devenir une norme acceptable. Cela renforce le découragement des travailleurs de la santé à un moment où l’on a besoin de tout le monde plus que jamais. Ça ne peut être le legs de cette lourde pandémie. Que les médecins et les travailleurs de la santé soient intimidés ou harcelés simplement parce qu’ils font leur travail, cela est tout simplement inacceptable.

C’est pourquoi nous demandons des actions claires pour assurer la protection de ceux qui nous protègent et nous soignent tous les jours.

Le droit d’expression et de démonstration n’est pas contesté. Nous cherchons plutôt à prévenir des tragédies et à éviter de rendre acceptable l’inacceptable. Bien qu’il y ait des lois dans notre Code criminel qui visent à prévenir la haine et le harcèlement et qu’il existe des conditions d’adhésion sur les plateformes numériques, il est devenu évident que ce n’est pas assez.

On se doit de développer une culture d’imputabilité et de responsabilité collective pour mettre fin à ces mouvements extrémistes qui se sentent enhardis par l’absence de conséquences. Le gouvernement fédéral s’est engagé à créer des modules pour mieux protéger les travailleurs de la santé, et nous les encourageons fortement.

Quant aux réseaux sociaux, ils ont un rôle plus actif à jouer pour contrôler le contenu qui est publié sur leur plateforme. Ils doivent s’engager fermement contre la désinformation en mettant fin à la mise en avant de ce contenu par leurs algorithmes. Ils ont aussi un rôle important à jouer pour lutter contre la violence et la cyberintimidation il est temps qu’ils se joignent au reste de la société dans ce combat.

Depuis le début de la pandémie, les travailleurs de la santé ne nous ont jamais laissés tomber. Ils nous ont protégés, coûte que coûte. D’ailleurs, depuis le début de la pandémie, plus d’une quarantaine sont tombés au combat en accomplissant leur devoir de protéger et de soigner les Canadiens. À notre tour d’en faire autant pour eux. À notre tour d’agir bravement, car protéger ceux qui nous protègent, c’est plus qu’un simple devoir : c’est une responsabilité collective que nous devons tous assumer.

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