Une lumière dans notre réseau de la santé

«Pour faire changement, pourquoi ne pas parler de la recette gagnante de certaines équipes qui fonctionnent bien?» proposent les signataires.
Photo: Armando Franca Associated Press «Pour faire changement, pourquoi ne pas parler de la recette gagnante de certaines équipes qui fonctionnent bien?» proposent les signataires.

Les problèmes de notre réseau de la santé font souvent les manchettes ces temps-ci. Pour faire changement, pourquoi ne pas parler de la recette gagnante de certaines équipes qui fonctionnent bien ? Question de mettre un peu de lumière dans cette noirceur et d’insuffler un vent d’espoir.

Dans notre immense réseau de la santé québécois, il y a des équipes composées de multiples professionnels qui offrent des soins tout en considérant autant l’aspect physique que psychologique. Ces équipes incluent notamment des infirmières, des médecins, des physiothérapeutes, des psychologues, des neuropsychologues, des travailleuses sociales, des psychoéducatrices, des techniciennes en éducation spécialisée, des nutritionnistes, des ergothérapeutes, des orthophonistes, des audiologistes, des intervenants en soins spirituels, etc. Il arrive parfois que tous ces professionnels soient impliqués auprès du même patient. Comme quoi, chacun des professionnels a une expertise et un rôle uniques ! Ces équipes se retrouvent dans certains centres de réadaptation, dans certains hôpitaux ou CLSC, etc.

Les ingrédients essentiels

Quels sont les ingrédients de base de la réussite de ces équipes ? La communication quasi constante favorisée par des réunions fréquentes, les relations égalitaires, l’importance accordée autant à la santé physique qu’à la santé psychologique, l’engagement rapide des divers professionnels au besoin, le respect de l’expertise et de l’autonomie professionnelle de chacun. Il s’agit d’équipes où on ne demande pas à un professionnel de faire les tâches qui relèvent de l’expertise d’un autre, puisqu’on comprend qu’ils ne sont pas interchangeables.

Grâce à cette cohésion et à ce respect, les patients et leurs familles sentent que tous les professionnels vont dans la même direction et communiquent un message cohérent, diminuant ainsi leur stress et augmentant leurs capacités d’adaptation. Ce qui, en retour, peut réduire le temps d’hospitalisation et les visites aux urgences.

Un ensemble de professionnels qui en arrivent à un ballet coordonné pour que les patients et leurs familles se sentent soutenus dans leur globalité. Un écosystème où chaque « élément » est essentiel.

Ces équipes utilisent pour la plupart un modèle de soins par étapes, c’est-à-dire que ce ne sont pas nécessairement tous les professionnels qui sont engagés auprès du même patient dès le départ, même s’ils peuvent aussi l’être au besoin. Le concept du « bon soin au bon moment » est appliqué, c’est-à-dire que tous les professionnels sont disponibles rapidement et que les rôles de chacun sont clairs.

Ce modèle ne peut fonctionner que si tous les professionnels sont accessibles. S’il manque un chaînon, les patients et les autres soignants en souffrent.

Prenons comme exemple une équipe en milieu pédiatrique qui accueille un enfant à la suite d’un accident de voiture : la travailleuse sociale interviendra auprès de la famille dès le départ pour favoriser l’adaptation, soutenir et évaluer les besoins. La psychoéducatrice travaillera avec l’enfant pour l’aider à traverser cette période difficile et l’accompagner lors de procédures médicales parfois très stressantes.

Si, malgré ce soutien, l’enfant continue à présenter des difficultés affectant son rétablissement et son bien-être, on demandera l’expertise du psychologue. Par exemple, si le patient présente des symptômes d’anxiété importants, s’il s’oppose à ses traitements médicaux, s’il est déprimé et n’arrive pas à faire les exercices recommandés par la physiothérapeute, s’il a des images intrusives (flash-back) ou des cauchemars de l’accident l’empêchant de dormir, l’équipe demandera l’apport du psychologue. Au besoin, il interviendra dès le début. Ce serait le cas, par exemple, pour un enfant blessé qui doit composer avec le décès de membres de sa famille et qui présente des idées suicidaires.

Oui, ces équipes interdisciplinaires à la fois bienveillantes et efficaces existent ! Plusieurs d’entre nous en font partie ! Assurons-nous de les conserver pour le bien de tous ! Mettons-les davantage en place, tant dans les groupes de médecine familiale, afin de libérer les médecins de famille, que dans les CLSC, les hôpitaux, les centres jeunesse, les centres de réadaptation, etc.

N’oublions surtout pas que chaque professionnel est unique. Les efforts pour attirer et retenir chacun d’entre eux ne seront pas vains. Tant les patients que les travailleurs du réseau en ressortiront gagnants.

* Cette lettre est cosignée par une cinquantaine de professionnels du milieu de la santé:
 

Connie Scuccimarri, psychologue et administratrice de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Catherine Serra Poirier, psychologue, vice-présidente liaison de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Béatrice Filion, psychologue et vice-présidente secrétaire de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Loredana Marchica, psychologue et responsable des communications de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Youssef Allami, psychologue et administrateur de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Marc-André Pinard, psychologue et administrateur de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Lisa Grilli, physiothérapeute

Marie-Pier Héroux, travailleuse sociale

Sophie Vallee-Smejda, infirmière praticienne

Vania Jimenez, médecin de famille

Larry C. Lands, pneumologue

Christine Tibi, psychoéducatrice

Simon Dufour-Turbis, psychiatre

Martine Giroux, orthophoniste 

Geneviève Legault, neuropédiatre et neuro-oncologue pédiatre

Amélie Turcotte, audiologiste

Laurence Charlebois-Plante, travailleuse sociale, thérapeute conjugale et familiale, psychothérapeute

Naomi Goloff, médecin en soins palliatifs pédiatriques

Christine Beaulieu, physiothérapeute

Stephen Liben, médecin en soins palliatifs pédiatriques

Ann-Marie Suess, infirmière chef en hématologie oncologie pédiatrique

Valérie Labbé, médecin pédiatre

Geneviève Richer, psychologue

Sylvestre Roy-Chénier, travailleur social

Anne Choquette, infirmière en pratique avancée hématologie oncologie

Lianne Kopel, pneumologue

Josée Pacifico, infirmière en hématologie oncologie

Julien Maltais, psychiatre

Kim Desmarais, psychologue

Gabrielle Brodeur, médecin en soins palliatifs pédiatriques 

Debbie Schichtman, infirmière

Anna Paliotti, éducatrice pédiatrique 

Julius Erdstein, médecin pédiatre, spécialiste en médecine de l’adolescence

Pascal Comeau, musicothérapeute certifié

Giuseppina Di Meglio, médecin spécialiste en médecine de l’adolescence

Rachel Sinyor, infirmière en santé mentale

Monica Arnaldi, éducatrice spécialisée 

Le Thi Nguyen Gia, médecin en soins palliatifs pédiatriques et adultes

Loïs Roussel, infirmière conseillère clinique en soins palliatifs pédiatriques 

Mariane Labrecque, travailleuse sociale

Cinzia Marchica, médecin en Oto-rhino-laryngologie et Chirurgie Cervico-faciale

Patricia Hammes, psychologue

Sue Mylonopoulos, travailleuse sociale

Erika Laberge, physiothérapeute en douleur complexe pédiatrique

Suzanne MacDonald, médecin pédiatre, spécialiste en médecine de l’adolescence

Mia Grillakis, infirmière clinicienne en santé mentale

Claude Baillargeon, médecin en soins palliatifs pédiatriques et adultes

Rochelle Margles, infirmière en santé mentale

Claude Cyr, médecin au soins intensifs de pédiatrie

Angeliki Souranis, travailleuse sociale

Rebecca Pitt, infirmière clinicienne

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