Nous projeter dans l’avenir

Discours d’ouverture de la 2e session parlementaire de la 42e législature.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Discours d’ouverture de la 2e session parlementaire de la 42e législature.

Monsieur le président,

Depuis maintenant 20 mois, 20 longs mois, on mène la bataille de notre vie. Cette longue bataille, on continue de la mener ensemble.

On a vécu des moments douloureux et on a perdu des milliers de personnes. Mais on a, jusqu’ici, surmonté toutes les épreuves les unes après les autres avec de l’audace, de la persévérance et du courage.

On a réussi à garder nos enfants à l’école plus longtemps que presque partout en Amérique du Nord. On a réussi à continuer de soigner nos malades. On a réussi à vacciner notre population dans une plus grande proportion que la majorité des nations dans le monde.

Et grâce à cette vaccination, on a réussi à libérer les Québécois d’une bonne partie des restrictions sanitaires.

On a aussi réussi à garder notre économie ouverte.

Les Québécois sont au travail. En fait, le Québec est en train de retrouver une croissance plus élevée que dans le reste du Canada. Et on le fait en gardant un contrôle serré sur nos finances publiques, qui restent saines et solides.

J’en profite pour rendre hommage au ministre des Finances. Derrière toutes les annonces qu’on a faites dans l’urgence, il a travaillé dans l’ombre avec son équipe pour nous faciliter la tâche et il a navigué dans la tempête sans jamais perdre son calme, sans jamais perdre le cap.

Bien sûr, une grande partie de ces réussites vient de nos travailleurs de la santé, de nos travailleurs de première ligne, de nos experts de la santé publique, de nos employés de l’État, et de nos élus.

Mais la plus grande part du mérite revient aux Québécois eux-mêmes, à leur résistance, à leur solidarité et à leur sagesse. Merci aux Québécois !

J’ai la conviction que les Québécois ne veulent pas qu’on retourne là où on était avant la pandémie. Ils veulent qu’on consolide les avancées qu’on a faites. Ils veulent qu’on répare ce qui est brisé, qu’on rénove ce qui est usé et surtout, qu’on saisisse les opportunités exceptionnelles qui se présentent devant nous.

Dans mon discours d’ouverture de 2018, j’ai dit que notre adversaire, c’était la peur. La peur du changement, la peur d’échouer.

Après tout ce qu’on a réussi à faire, je pense que la peur est, en bonne partie, disparue. Mais le danger qui nous guette maintenant, c’est la tentation de l’immobilisme, de la résignation et de l’inaction.

Je suis convaincu que si on écarte cette tentation pour se mettre en action, rien ne peut arrêter le Québec.

Pour paraphraser le président Kennedy, au lieu de nous demander ce que le Québec peut faire pour nous, demandons-nous ce qu’on peut faire pour le Québec. Et, en additionnant la bonne volonté de 8 600 000 Québécois, on peut faire beaucoup !

La bataille de notre vie, cette longue bataille qu’on a livrée au virus, n’est pas encore finie. Il va falloir rester vigilants, et faire preuve de prudence et de prévoyance. Mais je suis plus confiant que jamais depuis le début de la pandémie que le pire est derrière nous.

Et je suis convaincu que c’est le temps pour le Québec de se projeter dans l’avenir.

Avant de nous projeter dans l’avenir, je veux être clair sur un point qui est très important pour moi : les engagements qu’on a pris en 2018, on va les tenir. On a déjà réduit les taxes scolaires. On a augmenté l’allocation famille. On a remis un tarif unique pour les services de garde subventionnés. On a augmenté le crédit d’impôt pour maintien à domicile. On a augmenté le crédit pour les personnes aidantes. On a réduit les tarifs de stationnement pour les établissements de santé. En fait, on a remis 2 300 000 000 $ par année dans les poches des Québécois. Et je pourrais continuer sur les autres promesses.

Les experts sont d’accord : jamais un gouvernement a autant respecté ses promesses électorales. Et on va finir le travail !

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a été obligé d’avoir recours à l’urgence sanitaire pour mettre en place des consignes exceptionnelles, des consignes temporaires, pour protéger la population.

Je vous annonce qu’on va lever cette urgence sanitaire après la vaccination des enfants de 5 à 11 ans.

On n’est jamais à l’abri des surprises avec la pandémie, mais si tout va bien, cette vaccination devrait être terminée au début de 2022.

Ce qui a peut-être frappé le plus l’imaginaire des Québécois dans les 20 derniers mois, ce sont les ratés, mais aussi les réussites du système de santé.

Le système a montré ses limites, d’abord dans les CHSLD. Le manque de personnel a amené des situations inhumaines où des personnes âgées vulnérables ont manqué de soins et ont été laissées à elles-mêmes, dans les pires conditions. À un moment donné, il nous manquait environ 10 000 préposés.

On a vu aussi que les systèmes d’information étaient dépassés. Il y avait des CHSLD qui n’avaient pas de responsable des équipements de protection et même des CHSLD où il n’y avait pas de patron sur place.

Pour combler le manque de personnel, on a inventé le système « Je contribue », et la réponse des Québécois a été extraordinaire. Tout le monde a travaillé ensemble, en cherchant des solutions plutôt que des problèmes. Et on a obtenu un succès incroyable.

Des dizaines de milliers de Québécois sont venus nous donner un coup de main. Et quand j’ai demandé, à l’été 2020, qu’on mette sur pied un programme de formation accélérée pour embaucher des milliers de préposés, on a eu d’abord de la résistance.

Mais quand tout le monde s’est mis en mode solution, on a eu la démonstration que nos systèmes d’éducation et de santé sont capables de se revirer de bord rapidement. On a formé et intégré, en quelques mois, 9 400 nouveaux préposés. C’est une de mes grandes fiertés !

Au début de la crise, on avait aussi des inventaires d’équipement de protection – masques, blouses, gants, visières – qui étaient très serrés. Il a fallu mettre en place des opérations dignes de films d’action pour réussir à importer des masques. On s’est mis à l’ouvrage et on a réussi. Non seulement on a réussi, mais aujourd’hui le Québec fabrique lui-même des masques, des blouses et des visières. Quelle fierté !

J’ai dit, tantôt, qu’il nous manquait environ 10 000 préposés. Pourquoi environ ? Parce qu’on ne connaissait pas les chiffres précis.

Tous les matins, dans la cellule de crise, j’essayais de savoir il manquait combien de monde. J’essayais de savoir combien d’établissements étaient touchés. Je n’avais pas de réponses. En fait, quand j’ai insisté pour savoir pourquoi on avait autant de difficultés à avoir des chiffres, la réponse a été stupéfiante : on travaillait avec des fax en 2020 !

Ensuite, quand on a demandé aux Québécois de rester chez eux, c’est devenu évident qu’on avait un problème avec les consultations médicales en personne.

Or, en quelques semaines seulement, on a pris un virage majeur en multipliant les consultations médicales en ligne ou par téléphone. Et les médecins ont collaboré à ce virage. On a réussi, en quelques semaines seulement, à implanter ce qui autrement aurait pris des années. On a réussi aussi à transférer des actes qui étaient faits par les médecins aux infirmières, pour mieux utiliser les compétences de tout le monde.

Tout ça pour vous dire que si on a vu comme jamais les failles de nos systèmes, on a vu aussi notre capacité d’être créatifs et d’avoir des succès.

C’est la démonstration que quand si on s’y met tous ensemble et surtout, quand on écarte cette tentation de l’immobilisme, on est capables de changer les choses !

Au cours des 3 premières années de notre mandat, on a fait, comme promis, beaucoup de changements. Mais au cours des prochaines années, on va devoir faire encore beaucoup d’autres changements. Et le chantier de changements qui va être le plus important, ça va être celui de la santé.

Avant la pandémie, il y avait beaucoup de sceptiques sur la capacité d’un gouvernement de changer en profondeur le réseau de la santé. Maintenant, on sait que c’est possible. Dorénavant, notre défi est non seulement de rendre certains changements permanents, mais d’aller encore plus loin.

Que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public, il a été démontré qu’une gestion efficace passe d’abord par une décentralisation. On a actuellement un réseau de la santé qui est beaucoup trop centralisé.

La responsabilité du ministère de la Santé et de Services sociaux devrait être de fixer des objectifs de performance et de suivre les résultats. Mais les personnes qui sont les mieux placées pour choisir les meilleurs moyens pour atteindre ces objectifs, ce sont les personnes qui sont sur le terrain, les personnes qui sont proches de l’action.

Le gouvernement va procéder à une vaste décentralisation du réseau de la santé vers les régions et vers les sous-régions du Québec.

Le plus grand défi du réseau de la santé, c’est d’employer efficacement et humainement les milliers de travailleurs de la santé.

Quand on regarde la gestion actuelle des ressources humaines du réseau de la santé, on voit un système dysfonctionnel, où 40 % des employés sont à temps partiel, où il n’y a pas de flexibilité et où on n’a pas le choix d’imposer des heures supplémentaires. Et on se retrouve avec des employés épuisés, des employés qui finissent par quitter le réseau. C’est un système qui n’est pas assez humain et qui n’est pas assez performant. C’est un cercle vicieux qu’on doit briser.

Pour briser ce cercle vicieux, la première chose qu’il fallait faire, c’est de négocier de nouvelles conventions collectives.

Les nouvelles conditions de travail des infirmières, des préposés et des autres professionnels de la santé vont permettre d’avoir une nouvelle organisation du travail plus humaine et plus performante.

Mais pour y arriver, on a besoin que tout le monde accepte de changer les façons de faire : les syndicats, les gestionnaires, les ordres professionnels, les employés. Tout le monde. Parce que tout le monde souhaite réduire au strict minimum le temps supplémentaire obligatoire. On va y arriver ensemble.

Ça va nous permettre, à court terme, de ramener du personnel dans le réseau public. Et à long terme, on regarde pour mettre en place de nouveaux incitatifs pour attirer plus d’étudiants vers les formations en santé.

On a aussi besoin d’une soupape de secours quand arrivent des situations exceptionnelles.

Les agences privées peuvent dépanner mais, depuis trop longtemps, le Québec est devenu dépendant de ces agences privées. Il faut s’en affranchir. Il faut bâtir un réseau public fort, capable de répondre en tout temps aux besoins des Québécois. On travaille actuellement sur un mécanisme de dépannage à même le réseau public. On ne doit plus dépendre des agences privées.

On a vu au début de la pandémie que le gouvernement et les médecins pouvaient se revirer de bord rapidement quand on le voulait. Mais malheureusement, la volonté de changement n’est pas toujours au rendez-vous chez certains médecins de famille. C’est le cas pour la prise en charge des patients. C’est pourtant une clé pour désengorger les urgences et pour offrir des meilleurs services de première ligne aux Québécois.

On a eu beaucoup de discussions avec les représentants des médecins de famille depuis 3 ans, mais je dois dire que je commence à m’impatienter et les Québécois aussi. J’ai toujours pensé qu’il valait mieux s’entendre avec les médecins. Mais s’il le faut, on ne va pas hésiter à imposer une conclusion.

Les Québécois s’attendent à être pris en charge et à recevoir des services de première ligne dans un délai raisonnable.

Par ailleurs, on a conclu une entente avec les médecins spécialistes qui va nous permettre de récupérer des sommes importantes, pour ramener leur écart de rémunération avec les spécialistes de l’Ontario au même niveau que les autres travailleurs. On s’attend à ce que cette entente soit intégralement respectée par les médecins spécialistes.

Au début de mon intervention, j’ai parlé de la nécessité de faire des changements en profondeur au Québec en mettant à profit ce qu’on a appris dans les derniers mois. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : durant la pandémie, nos aînés dans les CHSLD n’ont pas toujours été bien servis.

On a vu qu’il existe des lacunes et des différences importantes entre les résidences pour aînés, souvent sans que le gouvernement puisse intervenir. Pour assurer des soins de qualité à nos aînés, on va donc conventionner certains CHSLD privés.

Par ailleurs, le drame dans les CHSLD nous oblige à nous projeter vers l’avenir. Quand on sait que le nombre de personnes de 75 ans et plus va doubler d’ici 20 ans, c’est clair que les besoins vont augmenter. Si on ne fait rien, les dépenses publiques vont exploser. Et ça ne sera pas soutenable financièrement.

Pour remplacer les CHSLD désuets, on construit actuellement des maisons des aînés avec plus d’espaces et une meilleure qualité de vie. C’est indispensable quand il y a une perte vraiment importante d’autonomie.

Mais on doit en faire plus pour les personnes âgées qui veulent et qui peuvent rester à la maison.

Je suis convaincu que vieillir à la maison, c’est ce que souhaite la grande majorité des Québécois. Mais au moment où on doit entreprendre un grand virage vers les soins à domicile, on doit d’abord se poser des questions sur nos façons de faire. Est-ce que le modèle de soins à domicile au Québec est performant ? Est-ce que les formules de financement sont efficaces ? Est-ce que les tarifs sont équitables ? Tout ça doit être examiné rapidement par les meilleurs experts pour qu’on fasse les bons choix.

Le gouvernement va mandater la Commissaire à la santé et au bien-être pour se pencher sur le soutien à domicile et pour nous faire des recommandations concrètes.

C’est important aussi que le gouvernement fédéral ne vienne pas se mêler de la gestion du réseau de la santé. Le gouvernement fédéral ne finance que 22 % des dépenses de santé, mais reçoit 40 % des impôts des Québécois. Le gouvernement fédéral doit augmenter ses transferts au Québec en santé, mais il ne doit pas ajouter des fonctionnaires pour essayer de gérer notre réseau de la santé.

La gestion du réseau est déjà assez complexe. Le gouvernement du Québec va continuer de se battre pour que le gouvernement fédéral respecte la compétence exclusive du Québec en santé !

L’autre grand défi, c’est celui des données et de l’utilisation des technologies numériques. C’est impossible pour moi d’imaginer qu’une organisation soit efficace sans avoir de bonnes données.

Les technologies vont aussi nous permettre de faciliter la vie des Québécois. La télémédecine a un potentiel énorme pour favoriser l’accès à un professionnel de la santé rapidement et facilement.

Les technologies vont aussi donner un meilleur accès aux Québécois à leurs propres données de santé et aux services offerts dans leur région. Le grand chantier des technologies numériques est nécessaire si on veut offrir aux Québécois les services de santé auxquels ils ont droit.

Ce qui est vrai en santé en matière de transformation numérique est vrai aussi pour l’ensemble du gouvernement ainsi que pour les Québécois. Encore là, on peut s’inspirer d’une réussite.

Quand on a décidé de mettre tous les employés de l’État qui le pouvaient en télétravail, on a réussi à le faire en quelques semaines, ce qui normalement aurait pris des années. On a bien avancé dans le domaine numérique, mais la pandémie nous a montré qu’on doit accélérer la transformation numérique de l’État. On doit le faire pour 3 raisons.

On doit absolument implanter des pratiques sécuritaires dans tout le secteur public pour éviter les cyberattaques et les vols de données personnelles. C’est primordial de nos jours.

On doit décloisonner les bases de données du gouvernement pour mieux servir les Québécois et pour être en mesure de mieux gérer nos immenses organisations. À terme, ça va aussi nous permettre de faire des économies.

Et, ultimement, on va offrir aux Québécois une citoyenneté numérique, ce qui va leur permettre d’accéder avec beaucoup plus de simplicité aux services de l’État. Par exemple avec un permis de conduire ou une carte d’assurance-maladie numérique sur leur téléphone, les Québécois vont pouvoir transiger facilement en ligne avec le gouvernement.

Avec la structure actuelle du gouvernement, on est allé au bout de ses possibilités. Pour protéger les systèmes de l’État et les données des citoyens des cyberattaques, pour gérer plus efficacement nos organisations et pour simplifier la vie des Québécois, on va donc créer un ministère de la Cybersécurité et du Numérique en bonne et due forme.

Il y a l’État, mais il y a aussi et surtout les Québécois.

La pandémie a révélé à quel point l’accès à Internet haute vitesse était devenu indispensable. Le télétravail, l’école à distance, la télémédecine, les achats en ligne et tous les services accessibles seulement par Internet ont achevé de faire la démonstration qu’Internet haute vitesse est un service essentiel dans toutes les régions du Québec.

Quand on s’est engagé en 2018 à rendre Internet haute vitesse accessible à tous les Québécois d’ici la fin de notre mandat, il y en a plusieurs qui ont été sceptiques. D’autres gouvernements l’avaient promis avant nous, sans succès.

Au début, on s’est heurté à beaucoup d’obstacles. Je me suis impliqué personnellement, j’ai rencontré les compagnies de télécom et on va être la première province à y arriver.

Depuis un an et demi, nos enfants, nos adolescents et nos jeunes adultes ont fait beaucoup de sacrifices. Ils ont été admirables, solidaires et disciplinés.

Ils ont montré des facultés d’adaptation admirables. Ils ont fait des sacrifices pour protéger leurs aînés.

Notre belle nation a de beaux jeunes. Je pense que collectivement, on leur en doit toute une. Et dans les prochaines années, c’est tout le Québec qui doit retourner l’ascenseur à nos jeunes !

Au début de notre mandat, on a éliminé la taxe qui pigeait des milliers de dollars dans les poches des familles de la classe moyenne pour les tarifs en garderie. On a ramené les tarifs à 8,50 $ pour tout le monde. On a aussi versé des milliers de dollars aux parents via l’Allocation famille. On a augmenté le soutien aux enfants handicapés et on a créé des places en service de garde, mais on doit aller plus loin. Le gouvernement doit accélérer la cadence.

Au cours des prochains jours, le ministre de la Famille va lancer une vaste offensive pour créer rapidement les 37 000 places qui manquent en services de garde. Tous les parents qui le souhaitent vont pouvoir enfin avoir une place en services de garde.

Mais c’est aussi un défi actuellement de recruter des éducatrices en services de garde. On négocie présentement pour augmenter fortement le salaire des éducatrices. On va tout faire pour que nos éducatrices soient reconnues à la hauteur de leurs responsabilités qui sont de s’occuper de ce qu’on a de plus important : nos enfants.

On regarde aussi la possibilité d’augmenter les crédits d’impôt pour les parents qui utilisent les services de garde non subventionnés.

Depuis 3 ans, on a déjà fait beaucoup de changements en Éducation. On a mis en place le programme Agir tôt pour dépister les troubles d’apprentissage chez les jeunes enfants. On a augmenté le nombre d’orthophonistes et de spécialistes pour aider les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. On a accéléré la mise en place des maternelles 4 ans. On a commencé à construire des nouvelles écoles plus lumineuses. Il y a eu beaucoup d’action.

Puis, est arrivée la pandémie.

Je ne me souviens pas de mémoire d’homme d’avoir vu le réseau de l’éducation aussi secoué.

Les élèves, les parents, les enseignants, le personnel de soutien et les directions ont eu à s’adapter sans arrêt. Et quand on regarde les résultats, on est passé au travers de la tempête. Avec les enseignants, avec tout le milieu de l’éducation, on a réussi à sauver l’année scolaire des enfants québécois.

On a aussi signé avec les enseignants une nouvelle convention collective qui, selon les mots d’un président de syndicat, va marquer l’histoire de la profession d’enseignant.

J’en profite pour souligner en passant que le gouvernement est en train d’augmenter le salaire et d’améliorer les conditions de travail dans des emplois majoritairement occupés par des femmes comme les infirmières, les préposées, les éducatrices et les enseignantes.

Il était temps qu’on valorise ces professions occupées surtout par des femmes !

Mais malgré tout, les jours d’école manqués ont eu des conséquences. Je parle d’abord des retards qu’ont pris certains élèves dans leur apprentissage. Déjà, le ministre de l’Éducation a mis sur pied un programme de mentorat et de rattrapage.

Mais je parle aussi des impacts de la pandémie sur la santé mentale de certains de nos jeunes. On a le devoir de tout faire pour soutenir nos jeunes. On va continuer d’embaucher des orthophonistes, des psychologues et des professionnels pour aider les jeunes qui ont des difficultés. Il n’y a rien de plus important !

On doit aussi aller plus loin pour donner à nos jeunes toutes les chances d’aller au bout de leur potentiel.

Actuellement, 82 % de nos jeunes sortent de l’école avec un diplôme ou une qualification. C’est un résultat honorable quand on se compare à d’autres états dans le monde. Mais ça serait une erreur de s’en contenter.

On doit plutôt se donner l’objectif d’atteindre les plus hauts standards internationaux. Et la cible qu’on se donne aujourd’hui, c’est que 90 % de nos jeunes sortent de l’école avec un diplôme ou une qualification.

On va prendre plusieurs moyens pour y arriver.

Le premier c’est de modifier de fond en comble la formation professionnelle de nos jeunes.

Il y a plusieurs jeunes très talentueux qui ne sont pas faits pour l’école telle qu’elle existe. Il y a aussi beaucoup de métiers qui s’apprennent mieux dans la pratique. On va réinventer la formation professionnelle en la jumelant avec des stages pratiques.

On va aussi mettre en place un programme de tutorat permanent pour aider nos jeunes à atteindre leur but.

On va aussi compléter l’ajout de 5 heures par semaine dans toutes les écoles secondaires. Ces heures permettent plus d’aide aux devoirs, plus de sports et plus d’activités artistiques.

Et quand je parle de se rallier derrière nos jeunes, je ne pense pas seulement au primaire et au secondaire.

On doit aussi en faire plus dans nos cégeps et dans nos universités. On va continuer d’investir en éducation, à tous les niveaux.

L’éducation, c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire pour l’avenir de notre société.

La pandémie a provoqué chez plusieurs personnes des problèmes de santé mentale. C’est difficile de rester isolé des autres. Certains ont vécu des tensions familiales.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux est en train de mettre en place un plan d’action en santé mentale pour cet automne en portant une attention particulière aux jeunes.

Il y a eu aussi beaucoup d’activités sportives, d’activités culturelles qui ont été annulées. On va faire un effort spécial pour avoir un rattrapage dans ces activités.

Par ailleurs, personne ne va pouvoir oublier le décès d’une petite fille de 7 ans à Granby en avril 2019.

La commission présidée par Régine Laurent a permis de voir que plusieurs choses ne fonctionnaient pas bien dans la protection de la jeunesse. On va donner suite à ces travaux et des changements importants vont continuer d’être apportés pour mieux protéger nos enfants.

La pandémie a aussi exacerbé la violence conjugale. On a répondu rapidement. Un pas de plus va maintenant être fait avec la mise en place d’un tribunal spécialisé en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale.

Les victimes doivent avoir confiance dans le système et ne doivent pas hésiter à dénoncer. On va aussi poursuivre nos campagnes pour que la violence faite aux femmes devienne complètement et totalement inacceptable au Québec !

L’économie du Québec roule à plein régime, mais on doit se préparer à voir une nouvelle économie. Avec la pandémie, les changements se sont accélérés. Ça nous offre une opportunité unique de projeter notre économie dans l’avenir.

Déjà, le Québec avait un retard économique à rattraper. C’est d’ailleurs une des raisons majeures de ma présence en politique.

Je n’accepte pas que le Québec soit moins riche que ses voisins. Il n’y a aucune raison d’accepter ça. Ce qu’on veut, c’est un Québec qui gagne !

Depuis le début de notre mandat, on a réussi à réduire l’écart de richesse entre le Québec et l’Ontario, en le faisant passer de 16 % à 13 %. On doit poursuivre ce rattrapage et on doit l’accélérer.

La solidarité des Québécois pendant la pandémie s’est aussi fait sentir dans l’économie. L’achat québécois, le soutien à nos entrepreneurs, à nos commerçants et à nos fabricants a été plus présent que jamais.

On a compris que c’est risqué de trop dépendre de l’étranger pour certains produits. Et la pandémie nous a montré que nos entrepreneurs savent s’adapter : nos entreprises québécoises nous ont montré qu’elles étaient capables de fabriquer des produits de meilleure qualité, à bon prix et sans la pollution associée au transport international des marchandises.

Et le gouvernement a mis le paquet, d’abord pour aider nos producteurs agricoles et nos transformateurs alimentaires à nous fournir des aliments du Québec.

La sécurité et l’autonomie alimentaire, c’est crucial. On a demandé aux Québécois de faire un effort pour acheter des aliments d’ici. Et ça a marché !

On doit continuer d’augmenter notre autonomie alimentaire. Et on va maintenant élargir ça à toute l’économie.

Dans les prochains mois, le gouvernement va d’abord lancer une campagne pour faire la promotion des produits fabriqués au Québec.

Il y a beaucoup de produits qu’on importe de l’étranger qu’on pourrait fabriquer chez nous. On va accompagner financièrement nos entreprises qui sont prêtes à remplacer des produits importés. On doit miser sur nous-mêmes.

Fabriqué au Québec, c’est gagnant pour le Québec.

Maintenant, le monde a changé et une véritable révolution est en train de s’opérer dans le marché du travail. On est passé d’un marché où on manquait d’emplois à un marché où il manque d’employés.

Je comprends les patrons de vouloir plus de travailleurs. C’est plus facile, quand on dirige une entreprise, d’avoir 20 personnes qui appliquent pour un emploi.

C’était comme ça quand le taux de chômage était élevé. Pendant des années, quand un emploi était offert, ce sont les travailleurs qui couraient après les emplois.

Aujourd’hui, c’est le contraire, ce sont les entreprises qui courent après les travailleurs. Avant, les employeurs avaient le gros bout du bâton. Maintenant, ce sont les travailleurs qui ont le gros bout du bâton.

Il y a quand même une bonne nouvelle là-dedans : on voit, au Québec les salaires augmenter et les conditions de travail s’améliorer, et ça va se poursuivre. Comme premier ministre, je me réjouis pour les 4,5 millions de travailleurs québécois.

Et ces augmentations de salaire sont les bienvenues dans un contexte où le coût de la vie augmente, en particulier le coût de l’épicerie et le coût du logement. Le ministre des Finances regarde d’ailleurs comment on peut aider les Québécois à faire face à cette augmentation du coût de la vie.

Pour ce qui est du manque de main-d’œuvre, j’ai de la sympathie pour les patrons. Et on va les aider.

On va d’abord aider nos entreprises à devenir plus productives. Et on va aider les Québécois à se former, se qualifier et se requalifier pour obtenir des emplois à leur goût, des emplois plus valorisants, des emplois plus payants.

Donc, on va agir.

Mais, notre premier défi c’est de combler rapidement les postes qui offrent des services « essentiels » directs auprès de notre population. Déjà, on a commencé et on va continuer d’annoncer des plans pour combler les postes d’infirmières, d’éducatrices en services de garde, d’enseignants, de psychologues, de travailleurs sociaux en santé mentale ainsi qu’à la DPJ.

On doit aussi aider à combler les postes clés dans le secteur privé.

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale prépare un plan qui va permettre d’ajouter 100 000 travailleurs qualifiés de plus dans 3 secteurs, soit la construction, les technologies de l’information et le génie.

Autrefois, le premier ministre Bourassa avait promis de créer 100 000 emplois. 50 ans plus tard, on travaille à rajouter 100 000 travailleurs qualifiés.

Comme je le disais tantôt, on va aussi agir pour aider les parents à revenir travailler. On sait qu’avec des services de garde de qualité, on permet aux parents, et en particulier aux mères, de participer pleinement au marché du travail.

Les Québécoises ont déjà le taux d’emploi le plus élevé en Amérique du Nord, en bonne partie grâce aux services de garde subventionnés. Les Québécoises sont en train de rattraper les écarts de revenus.

Elles remplissent nos universités. On doit continuer dans cette direction. Et on doit être très fiers de ça.

On a aussi des mesures pour encourager les personnes de 60 à 69 ans à continuer de travailler ou à revenir au travail. J’ai demandé au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale ainsi qu’au ministre des Finances de voir si on peut en faire plus.

Maintenant, alors que plusieurs régions du Québec manquent de main-d’œuvre, d’autres régions manquent encore d’emplois, surtout des emplois de qualité. On va s’assurer que chaque MRC du Québec contribue à cette nouvelle économie.

D’ailleurs, le télétravail présente une opportunité exceptionnelle pour que toutes les régions du Québec offrent des emplois de qualité. Avoir des emplois de qualité dans toutes les régions du Québec, c’est la meilleure façon d’occuper notre territoire.

Comme promis, le gouvernement va bientôt présenter un plan pour transférer en région des milliers d’emplois de la fonction publique.

De plus, en regroupant, dans chaque région du Québec, les activités d’Investissement Québec et du ministère de l’Économie et de l’Innovation, on s’est donné une force de frappe pour répondre rapidement à tous les entrepreneurs et à tous les dirigeants d’entreprises qui ont des projets en région.

Plus que jamais, votre gouvernement va être le gouvernement des régions.

Il y a aussi une population en croissance au Québec qui a besoin de perspectives d’avenir pour ses jeunes. Et le Québec a besoin d’eux.

Je parle des nations autochtones et des Inuits. Plusieurs communautés se sont développées de façon impressionnante dans les dernières décennies. Notre Grande Alliance avec les Cris est un exemple remarquable de partenariat de nation à nation. Et tout dernièrement, l’entente avec les Innus pour le projet éolien d’Apuit et le partenariat d’Hydro-Québec avec la communauté Mohawk sont aussi des exemples de partenariats qui bénéficient à nos peuples respectifs.

Plusieurs nations autochtones connaissent un boom démographique et il faut aider les jeunes à aller au bout de leur potentiel, à leur façon, en respectant leur culture.

Hydro-Québec a manifesté la volonté de former et d’employer plus de jeunes autochtones et Inuits. J’invite toutes les entreprises à se tourner vers les communautés autochtones et Inuits pour faire des partenariats avec elles et pour offrir des emplois à cette jeunesse pleine de potentiel.

Il y a aussi bien sûr l’immigration économique qui contribue à augmenter le nombre de travailleurs.

On entend des voix qui réclament un nombre toujours plus élevé d’immigrants. Ce qu’on entend moins souvent, c’est que le Québec est déjà un des endroits qui accueillent le plus d’immigrants.

En proportion de la population, le Québec accueille plus d’immigrants que les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni.

Mais il faut respecter les capacités d’intégration du Québec. Il faut que notre système d’immigration soit adapté aux réalités uniques d’une nation francophone en Amérique du Nord.

Le gouvernement fédéral doit comprendre ça.

Le Québec ne peut pas avoir le même modèle d’immigration que celui du Canada anglais. La survie du français exige une approche différente. Le gouvernement de la nation québécoise doit avoir plus de pouvoirs en matière d’immigration.

Cette responsabilité historique de tout premier ministre du Québec, je vais continuer de l’assumer pleinement et fièrement !

Un autre changement majeur doit s’effectuer partout dans le monde pour répondre à l’urgence climatique.

Autrefois, les nations rêvaient de produire du pétrole, du charbon et du gaz pour s’enrichir. De nos jours, c’est le contraire. On cherche des moyens de passer aux énergies vertes.

Le Québec, avec son énergie verte abondante, dispose d’un atout incomparable. Si le pétrole a permis, dans le passé, à des états de s’enrichir considérablement, le 21e siècle va être celui des économies vertes. Le 21e siècle va être le siècle du Québec !

Dans ce contexte, c’est important de se rappeler que parmi tous les états américains et parmi toutes les provinces canadiennes, le Québec est l’État qui émet le moins de gaz à effet de serre par habitant. Le Québec est premier !

C’est un bel héritage de nos prédécesseurs qui ont eu la clairvoyance de mettre de l’avant des grands projets hydroélectriques. C’est une réalité dont on peut être très fiers !

Quand j’étais encore dans l’opposition, j’ai parlé de notre vision de faire du Québec la batterie verte du nord-est de l’Amérique.

Il y avait, à l’époque, des sceptiques qui croyaient que l’hydroélectricité était une chose du passé. Et bien, cette vision est en train de devenir réalité.

Depuis le début de notre mandat, on a conclu des ententes avec le Massachusetts et avec New York pour y exporter notre électricité propre. Il reste encore des étapes à franchir, mais quand ce sera fait, ces contrats vont rapporter des dizaines de milliards de revenus additionnels à Hydro-Québec, une entreprise qui est détenue à 100 % par les Québécois.

C’est donc payant pour le Québec. C’est payant aussi pour nos voisins qui vont avoir une énergie stable et propre. Et c’est payant pour la planète, parce que ces ententes vont réduire de façon importante les gaz à effet de serre.

Juste pour New York, on parle de l’équivalent d’enlever un million d’autos sur les routes !

C’est une immense contribution du Québec à la lutte contre les changements climatiques dont on doit être très fiers !

Mais ça ne veut pas dire qu’il faut arrêter nos efforts. Au contraire, on doit aller plus loin. On s’est donné comme objectif de réduire nos émissions de GES d’ici 2030 de 37,5 % par rapport à 1990 et d’atteindre la carboneutralité en 2050.

Pour atteindre ces objectifs, le Québec doit résolument prendre le chemin d’une économie verte.

Le gouvernement du Québec a donc pris la décision de renoncer définitivement à extraire des hydrocarbures sur son territoire. Il faut donc miser sur nos atouts tout en transformant notre économie en profondeur.

Désormais, c’est sur l’électricité et les énergies renouvelables qu’on va miser.

L’électricité québécoise nous permet déjà de générer des revenus via nos exportations d’électricité, ce qui constitue une rente de richesse pour les prochaines générations. Mais notre énergie verte nous permet aussi d’attirer des investissements des entreprises.

Dans l’avenir, les entreprises qui vont vouloir produire des biens, sans émettre de GES, vont trouver au Québec une terre d’accueil incomparable.

Le Plan pour une économie verte lancé en 2019 est le plus ambitieux de l’histoire du Québec. C’est un plan chiffré, concret et réaliste. Un plan qu’on va continuer à améliorer chaque année.

Il n’y a jamais eu autant de chantiers et de projets de transport collectif au Québec, entre autres dans le Grand Montréal et dans notre Capitale-Nationale. Mais on veut aller encore plus loin.

Le gouvernement a l’ambition de faire du Québec un pôle du transport électrique, de la filière des batteries et de la production d’hydrogène vert.

Sur la scène mondiale, plusieurs pays s’inquiètent du grand poids de la Chine dans le marché des minéraux critiques. Beaucoup de ces minéraux sont indispensables pour la fabrication de produits de l’économie verte, par exemple dans les batteries.

Le Québec a des gisements importants de minéraux critiques. Le gouvernement a l’intention d’extraire ces gisements, mais aussi de les transformer ici pour créer plus de richesse.

Mais une des clés pour faire du Québec un endroit plus prospère, c’est l’innovation. Si on veut rattraper nos voisins en matière de richesse, notre économie doit être plus productive. Et ça, ça passe beaucoup par l’innovation et par les technologies.

Pour être plus productives, les entreprises québécoises doivent investir dans l’automatisation ainsi que dans la robotisation. Et on a une occasion en or, avec la rareté de main-d’œuvre, de lancer en ce moment une grande offensive.

Parce que les gains de productivité sont un moyen très efficace de créer de la richesse, mais aussi de répondre à la rareté de main-d’œuvre.

On travaille aussi depuis le début du mandat sur des projets qui vont regrouper des chercheurs et des entreprises. Des projets de zones d’innovation vont se concrétiser très bientôt.

Et le gouvernement est en train de terminer une vaste consultation pour la Stratégie québécoise de recherche et d’innovation. On travaille sur un plan étoffé pour faire du Québec un leader en innovation.

Finalement, le gouvernement déploie actuellement plusieurs mesures pour augmenter nos exportations. Les délégations du Québec à l’étranger sont de mieux en mieux orientées pour identifier des clients potentiels pour nos entreprises.

Pour s’enrichir, le Québec a besoin de plus de grandes entreprises. On doit créer plus de fleurons québécois. Ça va permettre d’augmenter les salaires offerts aux Québécois.

Donc, un Québec plus riche, des Québécois plus riches, c’est aussi ça un Québec qui gagne !

En terminant, la pandémie a révélé une autre réalité fondamentale : l’importance de la cohésion nationale. La solidarité qu’on a vue au Québec n’aurait pas été imaginable sans une forte cohésion nationale et sans un fort sentiment d’appartenance à une communauté nationale.

Cette cohésion nationale trouve sa source dans notre histoire commune, dans notre culture, dans notre façon de vivre ensemble ainsi que dans notre langue. Cette cohésion nationale est très précieuse et doit être cultivée dès l’enfance.

On doit transmettre à nos jeunes plus de connaissances sur notre histoire, sur notre culture, sur le fonctionnement de la société québécoise. On doit transmettre un sentiment de fierté, de citoyenneté partagée.

Pour y arriver, le ministre de l’Éducation va remplacer le cours d’éthique et culture religieuse par un cours axé sur la culture et la citoyenneté québécoise.

Il est aussi crucial de soutenir fortement la culture québécoise.

Depuis le début de notre mandat, on a donné plus de moyens que jamais à nos créateurs et à notre industrie culturelle. Pour une nation comme la nôtre, l’appui de l’État à la culture est fondamental.

La culture propage de la fierté et la fierté est un moteur puissant pour une société. C’est un facteur déterminant de cohésion nationale.

Avec les Espaces bleus dans les différentes régions du Québec, on veut justement créer des lieux populaires où les Québécois vont pouvoir mieux connaître et mieux se rappeler les succès de l’histoire de notre nation et de chacune de nos régions.

Une place importante va être faite à ceux et celles qui ont chanté notre Québec ainsi qu’à ceux et celles qui nous ont transmis l’émotion et la fierté d’être Québécois.

On va aussi en profiter, à chaque fois que c’est possible, pour restaurer un bel édifice de notre patrimoine. Et on va montrer dans nos Espaces bleus la beauté de notre territoire.

Parlant de la beauté de notre territoire, l’attachement à notre territoire, à notre patrimoine et à nos régions renforce aussi notre cohésion nationale.

Malheureusement, la beauté des bâtiments publics n’a pas toujours été au rendez-vous. Jean-Paul L’Allier disait : « Ce qui appartient à tous devrait être plus beau que tout le reste ».

C’est vrai pour les bâtiments neufs, mais c’est vrai aussi pour les édifices qui ont marqué notre histoire comme les églises, les couvents et les anciennes écoles. Tous nos beaux bâtiments doivent être mieux protégés et doivent être mieux mis en valeur.

On va donc présenter une politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire pour préserver notre patrimoine bâti, mais aussi pour préserver nos paysages et rendre nos villes et nos campagnes encore plus belles.

La fermeture des frontières a permis à beaucoup de Québécois de découvrir ou de redécouvrir notre territoire majestueux et nos magnifiques régions. On va profiter de cet engouement pour encourager les Québécois à continuer à profiter de la beauté des régions du Québec. On va développer le tourisme familial.

On va mettre en place des projets, dans les différentes régions du Québec, pour que les Québécois aient davantage accès à la nature et profitent davantage de la beauté de notre territoire.

Pour définir notre manière de vivre ensemble, on a adopté la loi 21 sur la laïcité de l’État.

Cette loi, qui est appuyée par une grande majorité des Québécois, s’inscrit dans notre histoire de droits collectifs.

Oui, il y a des droits individuels qui sont fondamentaux, mais il y a aussi des droits collectifs qui doivent être pris en compte.

La loi 21 est malheureusement contestée devant les tribunaux.

Il sera important de mener cette bataille juridique. Les Québécois peuvent compter sur leur gouvernement pour mener cette bataille sans fléchir !

Le gouvernement a aussi déposé le projet de loi 96 pour renforcer le statut du français. Il s’agit du plus important projet de loi pour renforcer la prédominance du français au Québec depuis la loi 101.

En plus, on va inscrire dans la Constitution que le français est la langue officielle de la nation québécoise.

Les Québécois peuvent compter sur le ministre responsable de la Langue française et sur leur gouvernement pour défendre et pour faire la promotion de notre langue !

I want to speak to the historic English-speaking community of Quebec.

You are an integral part of Quebec. As a historic community, you have your own institutions :

Schools, colleges, universities, hospitals, the media. Canada’s francophone minorities dream of mastering so many institutions. No minority in Canada is better served than English-speaking Quebecers and we are proud of that.

Peu importe notre origine, peu importe notre couleur de peau, qu’on soit de souche ancienne ou de souche récente, on a tous droit à la même dignité, au même respect et à la même citoyenneté.

Le Québec est un des endroits au monde où il y a le moins de racisme. Mais il y en a encore. On doit continuer de combattre le racisme. Et on doit le faire ensemble, en misant sur ce qui nous rassemble.

On doit porter une attention particulière aux autochtones, à ces nations avec qui on partage un territoire, une histoire et, pour plusieurs d’entre nous, des ancêtres communs.

On doit reconnaître que les nations autochtones ont subi une forme particulièrement cruelle de racisme avec des politiques qui visaient à effacer leur identité, leur culture et leur histoire. On doit à la vérité de connaître cette histoire et de la regarder en face.

On doit aussi reconnaître que cette histoire terrible a causé des blessures profondes qui se sont transmises de génération en génération.

Cette histoire a aussi provoqué des préjugés tenaces. On doit les combattre et on doit combattre la discrimination et le racisme que vivent trop d’autochtones encore de nos jours, pour aller de l’avant et pour recommencer à être partenaires en tout respect, de nation à nation.

En conclusion, la pandémie a été une longue bataille qui a fait des victimes et qui a causé des dommages. Je pense qu’aucun d’entre nous n’en sort complètement indemne.

Mais cette longue bataille a montré à quel point notre cohésion nationale est cruciale. Quand les Québécois se mettent ensemble, ils sont capables de grandes choses.

Maintenant que le pire de la pandémie est derrière nous, c’est le temps pour le Québec de se projeter dans l’avenir.

J’invite tous les Québécois à participer à ces changements pour continuer de bâtir ce Québec qu’on aime.

Un Québec plus prospère. Un Québec plus vert. Un Québec plus fier !

Merci.

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