Après les Afghans, les Syriens, pourquoi pas les Haïtiens?

Un agent de la patrouille frontalière des États-Unis pourchasse un migrant haïtien, le 19 septembre 2021. Depuis, le président américain a promis le traitement des dossiers des migrants dans le respect des normes internationales.
Photo: Paul Ratje Agence France-Presse Un agent de la patrouille frontalière des États-Unis pourchasse un migrant haïtien, le 19 septembre 2021. Depuis, le président américain a promis le traitement des dossiers des migrants dans le respect des normes internationales.

Il y a deux semaines, les images des cowboys gardes-frontières du Texas pourchassant les migrants haïtiens avec fouets et cordes ont passé sous les radars de nos médias.

Depuis, le président américain a promis le traitement des dossiers des migrants dans le respect des normes internationales. Pourtant, les violations intenses des droits des migrants haïtiens continuent de plus belle.

Les expulsions d’Haïtiens arrivant par voie terrestre au Texas se poursuivent au taux d’environ 1000 réfugiés par jour.

1500 de ces réfugiés ont été capturés et expulsés par les garde-côtes qui disposent d’avions et d’hélicoptères assignés à leur poursuite.

Quatre agences de l’ONU ont demandé aux États en général de s’abstenir d’expulser les Haïtiennes et Haïtiens sans avoir correctement évalué leurs besoins de protection individuels, conformément aux traités internationaux régissant les droits des réfugiés.

L’envoyé spécial des États-Unis en Haïti a remis sa démission affirmant son refus de s’associer à la décision inhumaine de renvoyer des dizaines de milliers de migrants haïtiens dans un pays incapable d’assurer leur sécurité et de garantir leur survie.

Le conseiller principal au département d’État américain a également soumis sa démission le mardi 5 octobre pour protester contre l’application de la Loi sur la santé visant à expulser les migrants haïtiens à la frontière sud des États-Unis.

Violence, kidnappings, tueries

Nous n’entendons plus parler du non-respect des droits de ces migrants haïtiens expulsés vers leur pays crevant dans la misère.

Pourtant, les médias haïtiens y rapportent sans relâche la violence quotidienne, les kidnappings et les tueries.

Sans oublier le récent meurtre du président Jovenel Moïse, suivi par la mise en place d’un gouvernement provisoire empêtré dans une enquête sans issue, incapable d’organiser des élections démocratiques essentielles.

L’Organisation internationale pour la migration prévoit l’expulsion imminente de nombreux réfugiés haïtiens de cinq États : Mexique, Cuba, îles Turques-et-Caïques, Bahamas, États-Unis.

Ces demandeurs d’asile ont le droit d’être entendus en audience formelle. En date du 5 octobre, plus de 6000 réfugiés haïtiens ont été expulsés vers Haïti sans y avoir eu droit.

Des milliers de migrants haïtiens se voient ainsi refuser la protection de leurs droits malgré les normes internationales dictant aux États de secourir les populations en détresse.

En attendant de trouver des solutions durables aux problèmes de sécurité et de survie à la base des mouvements de populations haïtiennes, le Canada et le Québec peuvent s’impliquer dans une approche humanitaire.

Négocier avec les États concernés dans le but de sélectionner un pourcentage de réfugiés haïtiens en vue d’une immigration conditionnelle au Canada.

Comme on le fait présentement pour les Afghans et on l’a fait pour les Syriens.

Serait-ce que l’Afghanistan et la Syrie posent une menace à l’égard de la politique étrangère des É.-U. et de ses alliés, et non l’île d’Haïti ? Pourtant, la détresse de la population haïtienne demeure démesurément criante.

Le Canada et le Québec se doivent d’agir.

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