«Dune», la Terre et nous

«L’humanité est le fruit d’une très jeune ligne de vie sur Terre», écrit l'auteur.
Photo: Frank Augstein Associated Press «L’humanité est le fruit d’une très jeune ligne de vie sur Terre», écrit l'auteur.

Dans l’univers du roman Dune, l’humanité du futur a colonisé certaines planètes de notre galaxie. Différents groupes combattent pour ces planètes et leurs ressources.

Nous ne savons pas si l’humanité pourra coloniser d’autres systèmes planétaires. Mais si des civilisations intelligentes existent dans notre galaxie, nous sommes peut-être sur le point de les découvrir.

Et notre civilisation, vers où se dirige-t-elle ? Quelque 400 ans de science moderne et de technologies ont modifié la Terre d’une façon inédite.

Au XIXe siècle, un milliard d’humains découvrent une source d’énergie puissante, les combustibles fossiles. Depuis, notre mode de vie s’est amélioré d’une façon notable. En 2021, nous sommes presque huit milliards sur Terre. La température moyenne de l’atmosphère et des océans augmente. Depuis quelques décennies, notre exploitation des ressources dépasse la capacité de régénération de la Terre.

Il n’y a pas de guerre froide imminente, mais l’arme atomique pourrait éventuellement mettre fin à l’aventure humaine. Notre civilisation est devenue un risque existentiel pour l’humanité.

Jusqu’à quel point sommes-nous prêts à faire ce qu’il faut pour que l’aventure de la vie humaine continue ? Pour le philosophe Hans Jonas, la vie est précieuse, la vie consciente encore plus. Il tente de nous convaincre que nous avons une responsabilité morale envers la vie, que nous devons faire tout notre possible pour assurer sa continuation sur Terre.

L’humanité est le fruit d’une très jeune ligne de vie sur Terre. Notre ancêtre commun avec le chimpanzé et le bonobo existait il y a moins de 10 millions d’années.

Or l’aventure de la vie a débuté il y a quatre milliards d’années sur Terre, et le Soleil a du carburant pour environ quatre milliards de plus. En deux ou trois milliards d’années, il serait possible de construire quelque chose de beau.

L’humanité est-elle apte à assumer le début de cette aventure ? Peut-elle se doter d’un système économique et politique durable, qui permette l’épanouissement de tous ses membres, en harmonie avec l’écosystème de son foyer cosmique ?

Ironie de l’histoire de la vie, l’humanité est partiellement à l’arrêt en raison d’un tout petit virus. Dès l’apparition des premières formes de vie, les virus ont été dans les parages.

La COVID-19 se révèle un parasite bien adapté à l’humain du XXIe siècle. Un foyer d’éclosion en Chine, des avions partout et tout le temps : après quelques mois, il est sur toute la surface de la planète. Les virus ont quatre milliards d’années d’histoire derrière la cravate. Ils sont petits, mais ils ont une grande capacité d’adaptation. Si l’humanité disparaît, les virus seront encore là pendant très longtemps.

Voulons-nous assurer notre continuité, comme la vie le fait si bien ? Où allons-nous entendre le chant d’adieu de notre Terre ? Cette Terre sur laquelle nous aimons, nous jouissons, nous souffrons aussi. Cette Terre qui nous offre tant de beautés !

Dans Le chant de la Terre, Gustav Mahler met en musique la joie d’avoir vécu et goûté la vie sur une si belle planète. En 1907, il a confiance que notre Terre verra d’autres beaux jeunes se courtiser, d’autres printemps fleurir, d’autres soleils culminer.

Cette confiance, nous l’avons moins aujourd’hui, mais la plupart ont le désir que notre Terre chante encore longtemps les beautés de la vie.

Dans l’univers de Dune, les guerres pour acquérir les ressources sont brutales. Pour notre part, nous n’aurons pas de messie pour venir nous sauver. Des messies technologiques ? C’est possible, mais je ne compterais pas là-dessus. Il faut trouver une solution politique mondiale, le plus vite possible.

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