Et si E.T. nous visitait vraiment?

Le Pentagone vient de rendre public un rapport d’étude concernant des objets volants non identifiés (OVNI) observés dans l’espace aérien étasunien depuis plusieurs années.
Photo: Patrick T. Fallon Agence France-Presse Le Pentagone vient de rendre public un rapport d’étude concernant des objets volants non identifiés (OVNI) observés dans l’espace aérien étasunien depuis plusieurs années.

Le Pentagone vient tout juste de rendre public un rapport d’étude concernant des objets volants non identifiés (OVNI) observés dans l’espace aérien étasunien depuis plusieurs années.

Il y est question de plus d’une centaine d’objets « anormaux », observés dans le ciel par des pilotes militaires bien entraînés et qui n’ont pu être identifiés formellement.

On parle dans ce rapport d’objets aux formes vaguement géométriques qui semblent capables de manœuvres inouïes, comme des changements de vitesse et de direction dont sont incapables nos engins volants actuels.

Le verbe « semblent » dans la phrase précédente est important, puisque, selon de nombreux experts qui se sont prononcés sur le contenu du rapport, il manque souvent à ces observations la donnée cruciale de la distance séparant l’observateur de l’objet, ce qui fait qu’il peut très bien s’agir d’un objet proche au comportement « normal », plutôt qu’un objet lointain qui semble défier les lois de la physique.

La distance, toujours difficile à évaluer dans ce type de circonstances, peut faire une grande différence dans l’interprétation que l’on fait des observations…

Mais imaginons un instant qu’il s’agisse bel et bien de vaisseaux extraterrestres dotés de technologies en avance sur les nôtres et qui visitent la Terre dans un but d’exploration, peut-être pour nous étudier comme des entomologistes étudient une fourmilière, ou comme des prospecteurs à la recherche de nouvelles ressources à exploiter. Il pourrait également s’agir d’êtres assoiffés de sang humain (peut-être sommes-nous délicieux…) qui planifient une attaque imminente. Disons que, dans tous les cas, les choses risquent de plutôt mal se passer pour nous…

Loi du plus fort

 

Car s’il est une constante dans l’histoire de l’humanité, c’est bien que la rencontre entre une civilisation plus avancée et une autre qui l’est moins ne se passe jamais très bien pour cette dernière. Parlez-en aux aborigènes australiens, aux Africains et, bien entendu, aux Autochtones des deux Amériques, sans oublier les nouveaux damnés de la Terre que sont les Ouïgours et les Rohingyas.

Confiscation des terres, parcage dans des réserves exiguës, maladies, esclavage, guerres, famines et disparition sont la plupart du temps les conséquences de ces contacts funestes, avec la loi du plus fort qui prévaut toujours.

 

Quant à savoir pourquoi ce sont les Européens, et non pas une autre civilisation humaine, qui en est venue historiquement à dominer et subjuguer toutes les autres, il faut lire l’excellent Guns, Germs and Steel, de l’anthropologue et géographe étasunien Jared Diamond, pour comprendre que c’est une combinaison d’heureux hasards historiques et géographiques (ainsi qu’une grande promiscuité avec les porcs, semble-t-il) qui a donné aux Occidentaux une longueur d’avance sur les autres peuples de la Terre. Le reste, comme on dit en anglais, appartient à l’histoire.

Ici même au Canada, un pays dont les habitants aiment se draper dans une certaine supériorité morale, l’histoire des pensionnats autochtones et la découverte (qui ne fait que commencer…) de restes d’enfants innocents dans nombreux charniers illustrent à merveille ce qui arrive lorsque deux groupes humains aux moyens technologiques inégaux se rencontrent.

Au nom de la civilisation, pour « tuer l’Indien dans l’Indien », nous avons commis une horreur indicible qui va continuer de nous hanter encore longtemps. Trente ans après la fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud, l’égalité raciale entre Blancs et Noirs est toujours loin d’être atteinte, malgré une apparente bonne volonté. Difficile de réparer les erreurs du passé !

Cela dit, soyons optimistes : il existe aussi la possibilité que les extraterrestres, s’il s’agit bien de ce dont parle le rapport du Pentagone, viennent en paix, bien décidés à nous faire entrer de plain-pied dans la grande fédération des planètes.

Mais rappelons que les premiers missionnaires arrivés en Amérique avaient eux aussi les meilleures intentions du monde, souhaitant tirer les « sauvages » de leur état de nature pour en faire des êtres « meilleurs », enfin civilisés.

Quand on connaît la suite, avec la dépossession culturelle et matérielle qui s’en est suivie, les exactions et les prêtres pédophiles qui ont abusé de tant d’enfants, il est permis de douter de la suite des choses pour l’humanité aux mains d’extraterrestres tout-puissants, même si, en apparence, ils veulent notre bien. L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on ; espérons qu’E.T. ne nous visitera pas vraiment…

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