Les camps de jour pour les jeunes, un service essentiel

«Pour l’été 2021, qui peut avoir accès à un camp de jour? Y a-t-il un standard établi dès l’inscription?», questionne l'autrice.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Pour l’été 2021, qui peut avoir accès à un camp de jour? Y a-t-il un standard établi dès l’inscription?», questionne l'autrice.

Depuis plusieurs années, la plupart des municipalités offrent des camps de jour pour les jeunes de leur communauté. Fort heureusement puisque, sans ce service, des milliers de parents se trouveraient dans l’impossibilité de se rendre au travail en période estivale.

En 2018, l’Observatoire québécois du loisir mettait en relief des enjeux d’accessibilité importants : un taux de refus élevé et une grande disparité en ce qui a trait à la tarification.

Depuis le début de la pandémie, il y a fort à parier que cette accessibilité déjà problématique a empiré. En plus des coûts importants pour les municipalités et de la pénurie de main-d’œuvre qui s’aggrave, plusieurs peinent à trouver des locaux permettant la distanciation.

D’autant plus que plusieurs écoles sont en rénovation (situation souhaitable) et que beaucoup d’autres espaces sont réquisitionnés pour la vaccination et le dépistage.

Les chiffres obtenus jusqu’ici permettent de prévoir une baisse du nombre de places par jour d’environ 40 % par rapport à une année ordinaire.

Les camps de jour ont l’obligation, selon la Charte des droits et libertés de la personne, d’accueillir tous les enfants peu importe la nature des besoins particuliers. Seules les municipalités qui sont en mesure de démontrer une contrainte excessive, par exemple certaines installations manquantes, peuvent se prévaloir d’une exception. Cela dit, la pénurie de main-d’œuvre est-elle une contrainte excessive ? Le coût rattaché à un accompagnement individualisé est-il une contrainte excessive ?

Est-ce que tous les citoyens d’une municipalité n’auraient pas droit aux mêmes services ? Les parents d’enfants handicapés payent-ils moins de taxes que les autres parents ?

Tous les enfants (et leurs parents) devraient avoir les mêmes possibilités de loisir et d’épanouissement.

40%
C’est la baisse prévue du nombre de places par jour cet été, par rapport à une année ordinaire.

Une charge partagée équitablement ?

Qui devrait prendre plus de responsabilités dans cette situation ? Nous savons que la compétence en matière de loisir revient aux municipalités. Celles-ci peuvent engager un OBNL pour la gestion des camps de jour. De plus, les camps de jour n’existent pas seulement pour offrir des loisirs aux jeunes. Comme cela a été mentionné précédemment, ils existent aussi et nécessairement pour permettre aux parents d’occuper leur emploi durant l’été. La conciliation travail-famille est de la responsabilité du ministère de la Famille et des Aînés. Ce ministère est-il suffisamment sollicité pour rendre ce service accessible à tous ?

Il est démontré que les places subventionnées en CPE sont rentables. Rentables pour l’État, pour le Trésor public. Les municipalités, bien qu’elles assument la plus grande responsabilité de ce service, ne sont pas les principales bénéficiaires de cette rentabilité.

Le gouvernement provincial, comme principal bénéficiaire, devrait peut-être en faire plus. Bien sûr, certains programmes existent déjà, mais force est de constater, cet été plus que jamais, que ce n’est pas suffisant. De nombreux enfants et leur famille se retrouvent sans aucun service de camp de jour cet été. Les familles qui ont un ou plusieurs enfants aux besoins particuliers ne peuvent confier leurs enfants à la petite ou au petit gardien du coin. Même les services de garde organisés à domicile ne répondent pas à la notion d’intégration sociale que permet un camp de jour.

Pour l’été 2021, qui peut avoir accès à un camp de jour ? Y a-t-il un standard établi dès l’inscription ?
 

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